jeudi 24 novembre 2005


Désormais qu'est-ce qu'on va devenir Si tout est moche Si tout est triste

Trois jours en maladresses, en jus d'orange dans un bol à café, en paupières qui se ferment, en révisions qui n'en finissent plus, trois jours à ne plus savoir ce qui se passe, à ne plus comprendre, à être déçue. Trois jours à retenir des larmes, mais c'est la fatigue.

Trois jours et une lettre lue assise en tailleur sur le parquet, trois jours à coller les mains sur les radiateurs, trois jours en cours qui s'éternisent. Trois jours et je ne sais plus.

Novembre est trop long pour avoir un goût sucré du début à la fin.

Trois jours et vous savez, j'ai déjà oublié.

(Je voudrais être moins lunatique. Je voudrais avoir un peu plus confiance en moi. Je voudrais croire que je suis capable de faire des trucs biens et que tout n'est pas toujours de ma faute. Je voudrais. Je sais pas bordel. Mais. Autre chose.)

Trois jours et j'ai demandé à Tan de me raconter sa rue, il n'a pas posé de questions, il l'a écrite au stylo bille noir et il me l'a tendue. Après l'avoir lue, j'ai souri et j'ai pensé que ce serait chouette d'enfiler plein de rues pour rejoindre le bout du monde. J'ai pensé que je pourrais vous demander vos rues, à chacun de vous. Alors. Vous. Qui lisez. Si vous aviez le temps, l'envie, et tout et tout, si vous vouliez bien... M'écrire votre rue, me la raconter. Me la dessiner. Je veux... Ce que vous voudrez. Des mots des images des musiques, ce qui vous passe par la tête, votre rue, vos souvenirs, comment c'est juste en bas de chez vous, et. Voilà.

Trois jours et beaucoup de mails, de repas en décalé, trois jours et de l'encre sur les doigts. Trois jours et des rires qui s'envolent dans le froid, des mots oubliés depuis longtemps,

(ne dis pas des trucs comme ça, je ne voudrais pas réaliser que je t'aime vraiment.)

Tout à l'heure, il neigeait doucement.