vendredi 28 mars 2008


poursuis le vent

Les larmes aux yeux, ma mère m'a demandé si pour moi, c'était dur. J'ai répondu que j'essayais de ne pas y penser. (Sauf que des fois, ça ne marche pas.) Ses cernes annoncent de nouveau des heures tristes. J'espère seulement qu'elles n'égaleront pas celles de novembre, de décembre, de janvier.

Mon portable est éteint depuis quatre jours.

Hier en attendant que le public arrive, nous nous sommes allongées entre deux rangées de fauteuils, et les yeux tournés vers les projecteurs encore éteints, nous avons chuchoté longuement. Plus tard, nos lectures, puis le bandonéon et les voix, l'enthousiasme, la demande d'Ann. qui touche autant qu'elle surprend. Alors il nous en faudra encore, alors que peut-être, au-delà de la possible parodie, il (ne) nous en faudra plus.

Les petites nuits pour boucler des commentaires, à la bibliothèque, la dame est venue nous prévenir qu'elle fermait - nous n'avions pas vu le temps passer. Lire Delerm en buvant du chocolat chaud, des titres sur des post-it, des croix sur la main, une page de carnet pour quatre alexandrins. Les actes manqués, les trajets en tram, les coups de fil loupés, les copies rendues, les dictionnaires ouverts, les yeux fermés, d'autres possibles, d'autres futurs effleurés. La peau en vrac, les gens que je voudrais connaître. Les fous rires avec Lotte en travaillant un texte, la douceur d'un goûter improvisé. Les étreintes, les mots au bout des doigts. Si on résume, finalement, ça ressemble à ça.