dimanche 1 août 2004
[Archives de l'ancien blog]
25.8.04
Chaque fois que le train passe
~ Elle est venue de Metz et quand je l'ai vu à la sortie de la bouche de métro, j'ai presque couru pour la voir, mais le piéton était rouge et j'ai attendu, les bras ballants sur le trottoir sale. Et puis on a fermé les yeux sur tout le reste, pendant vingt-quatre heures on était encore un peu là-bas en Irlande, avec les photos, les rires, les musiques jusqu'à trop tard dans la nuit, les chocolats marshmallows faits maison et tout le reste... Juste... La remercier. Parce que quand elle est partie, ça a fait une boule dans la gorge. J'arrivais pas à déglutir. "J'aime pas les adieux" et elle m'a presque engueulée parce que ce n'était pas un adieu mais un au revoir. Oui mais même.
~ Partir, comme ça, dans deux heures... Partir avec E. ça va être bien. Trois jours pour oublier la rentrée qui se profile dangereusement à l'horizon, même si on fait semblant de ne pas la voir. Partir et puis pas r'garder en arrière. Ca sert à rien. Partir pour une nouvelle année, pour d'autres choses. On met les souvenirs au placard, on en reconstruit d'autres. On fait le vide. Un peu... Mais pas trop.
~ Les Ogres de Barback, "Rue du Temps"
(de retour le trois septembre... d'ici là... prenez soin de vous, et Merci.)
24.8.04
Je voudrais... Dormir...
Je suis debout dans la cuisine et je ne pense à rien.
Enfin à rien, c'est difficile, même impossible.
Y a toujours un petit quelque chose qui vient on ne sait d'où,
Un détail sur le mur le papier peint, une parole pas digérée.
Quand on voudrait avoir la tête vide ça nous vient comme ça.
Je voudrais dormir.
Jeanne Cherhal
La couette qu'on sort du grand tiroir sous le lit à deux heures du matin parce qu'il fait décidément bien trop froid...
Je voudrais dormir.
Le rêve. Claire avec ses boucles brunes, ma Soeur de Larmes et de Plume, la serrer dans mes bras ; parce que j'en ai assez des lettres... Un jour, j'irai la voir, comme ça, sans prévenir. Et ce sera bien.
Je voudrais dormir.
Les éclairs et la pluie, le vent et l'orage énorme. Les murs qui tremblent. Se tourner et se retourner dans le lit. Le bruit violent des gouttes contre le carreau.
Je voudrais dormir.
Le portable qui sonne. Mon Ange Noir qui m'appelle. Ca n'fait même plus mal, là. Mais... tu ne trouves pas que c'est un peu tôt pour appeler ? J'avais juste envie de te parler. Oh. Ne pas dire mot, parce qu'il n'y a rien à dire... Quand est-ce qu'on se voit ? S'étrangler en silence. On se reverra, au moins ? Répondre oui en pensant au fond que non, c'est p't-être pas une bonne idée...
Je voudrais dormir.
7h30. Se lever, doucement. Parce qu'il fait trop froid, parce que la pluie fait trop de bruit, parce que j'aime pas les rêves qui semblent me dire "bon, quand est-ce que tu te décides à faire ce dont tu as envie depuis trop longtemps ?", parce qu'il a envie qu'on se revoit et que moi j'sais pas. Errer dans l'appartement vide. Avoir envie de pleurer, sans vraiment savoir pourquoi. Prendre une douche brûlante. Se sentir comme dans une bulle, prête à éclater.
Je voulais dormir...
24.8.04
Un bout d'soleil dans un grand magasin
~ Je me suis levée tôt pour une fois. (11h. Tout est relatif.) J'avais encore les yeux embués et j'ai trébuché sur mes textes que j'avais laissés par terre (Tu l'as cherché Amélie.), j'ai râlé. J'ai monté le store qui grince et le soleil m'a aveuglée, je me suis empressée de fermer les yeux. L'ordinateur, la moitié de yaourt qu'on se force à avaler, les mails auxquels on répond, la douche brûlante, le temps qui passe trop vite, un peu...
Et l'envie d'aller à la bibliothèque. L'envie, soudaine, comme ça, d'un coup.
(Dire bonjour au monsieur de l'accueil, monter les escaliers en courant, se rappeler qu'on venait là quand on était gamine et qu'une gentille dame lisait des "J'aime lire" aux enfants. Elle savait mimer la voix d'innombrables personnages, ça m'impressionnait toujours. Pousser la porte de la bibliothèque adultes. Tout doucement. Marcher sur le parquet luisant. Traîner dans les rayons. Prendre des livres au hasard. Lire des résumés. Errer entre Eluard et Modiano.
[C'est le soir où je repensais
A la veille du bac de français
En vous appuyant sur le champ
Lexical de l'enfermement
Vous soulignerez la terreur
Dans le regard du narrateur
Dans les pages cornées d'un Folio
"Voyage de noces" de Modiano]
Vincent Delerm
Entendre le silence.
Feuilleter des essais qu'on ne lira jamais. Faire courir mes doigts le long des mots. Parler avec des stagiaires. Se faire indiquer de bons bouquins. Monter de deux étages. Regarder les nouveautés CDs. Les Ogres de Barback et La Rue Kétanou dans une main. Björk et Ben Harper dans l'autre. Se dire que "Choisir, c'est renoncer." Penser à Yerno qui n'aime pas les proverbes. Et penser "Oh, encore un point commun" ^__^. Choisir un film pour la soirée parmi toute la liste qu'on a écrite pendant qu'on était en Irlande. Hésiter. Fouiller dans ses poches pour trouver sa carte. Descendre les escaliers quatre à quatre, sortir. Le sac à dos plein.)
La bibliothèque était fermée. Pff... Rien que pour ça, vivement la rentrée.
Grande surface et la vision de la nourriture qui écoeure. L'odeur du poisson aussi. L'envie de partir en courant. Acheter quand même quelques trucs, histoire de dire que je mange, même quand je suis seule.
(Même si c'est mentir un peu.)
Devant l'étalage de pastèques, hésiter. "Ca fait gros une pastèque quand même quand on est seul à la manger !". Je me retourne et lui souris. Oui, vous avez raison. "La prochaine fois, j'amène un couteau, et on se la partage. D'accord ?"
D'accord.
Sourire, rien que pour ça. Et puis... le retrouver à la caisse, juste celle d'à côté. Sortir en même temps la pastèque du panier. Sourire (bis). Baisser les yeux et sortir les petits pots pour bébé. Surprendre son regard étonné.
"Un peu jeune, non ?
- Un peu vieille plutôt.
- C'est pour toi ?
- Oui."
Et éclater de rire, comme ça en même temps. Rire, rire comme deux gamins. Bah quoi ? C'est bon les pots pour bébés... Payer en même temps, sortir en même temps. Se dire au revoir. Et puis Merci aussi. Parce que.
S'assoir dans le square et regarder les gens. Le gamin qui a de la glace tout autour des lèvres. Et l'homme d'affaires qui est tellement pressé que je ne le vois même pas passer. Rejoindre E. devant la boutique SNCF. La serrer longtemps dans mes bras. Elle sent l'été. Avec sa peau bronzée et toutes ses tresses qui s'agitent sur sa tête. La serrer encore. Fort. Changer les billets de train.
(Parce que, je n'veux pas dire, mais bon, passer par Paris pour faire Bordeaux-Lyon, faut être motivé quand même ! ^^')
Parler, un peu. Au milieu du trottoir. Tant pis. Et puis se quitter, déjà. (Y'a encore les yaourts dans mon sac à dos. Ca supporte moyen la chaleur les yaourts, non ?)
Ce soir, pastèque et petit pot au caramel. (Blédicrèm'. Crème dessert Caramel. 70% de lait infantile. Dès quatre mois.)
(Y'a pas marqué jusqu'à quel âge c'est, alors c'est bon.)
C'était un de mes meilleurs repas je crois. (Sans rire, ils ont d'la chance les bébés ^^')
Juste... une pensée pour le jeune homme aux yeux verts qui a illuminé ma journée, par un éclat de rire, à la caisse d'un grand magasin.
23.8.04
Juste quelques mots
" Se jeter dans les extrêmes, voilà la règle du poète.
Garder en tout un juste milieu, voilà le bonheur"
Denis Diderot
22.8.04
Photographic Interview
1. Qui suis-je ?
2. Qui me connaît le mieux ?
3. Quel âge ai-je ?
4. La chose la plus importante dans ma vie est...
5. Je porte toujours...
6. Quelque chose que je fais tout le temps...
7. Je suis la plus heureuse quand...
8. Un lundi matin, vous pouvez me trouver...
9. Mon moyen de transport préféré est...
10. Mes yeux sont...
11. Ce que je préfère posséder...
12. Pour me détendre, j'aime...
13. La ville où j'habite est...
14. Ma pire habitude est...
15. Mon plaisir défendu est...
16. Quand je regarde quelqu'un, la première chose que je vois est...
17. Je pense que... est beau.
18. Une chose sans laquelle je ne peux pas vivre
19. Une chose que les gens ne savent pas à propos de moi...
20. Ma vie est...
Idée trouvée ici, ici et là
Merci à Nef, pour tous ses conseils.
Merci à Ae, elle sait pourquoi.
22.8.04
On fera la vaisselle demain matin
~ C'était une belle journée. Une journée en couleurs, avec des rires, des interrogations quant à la destination des avions (!), des dessins dans le ciel, des koalas au chocolat et à la guimauve, des photos, des discussions, des expressions débiles à la Ae. C'était la voir, elle, un peu, depuis tout ce temps. C'était raconter l'Irlande et l'entendre décrire la Tunisie et les palaces décrépis. C'était s'allonger dans l'herbe et sentir le soleil tout contre nous. C'était... bien.
Et puis après, c'est rejoindre Maman dans le petit appartement, pour la voir un peu, parce qu'elle est seule. Et c'est... la plus longue discussion, la complicité qui s'installe, les secrets, les amis, les expériences... C'est les souvenirs qui se mêlent, les questions qui trouvent enfin des réponses... C'est étrange. C'est la proximité que nous n'avons jamais connue peut-être.
Rentrer dans l'appartement, vide, exactement comme je l'ai laissé ce matin. C'est prendre des photos pendant tout la soirée, toute la nuit même. S'amuser. Comme ça, pour rien. Pour plein de choses. Tout laisser dans un état effroyable, se dire qu'on rangera demain.
(Et tes parents c'est peut-être des gens biens
Qui regardent les soirées spéciales Joe Dassin
Et puis qui disent : "Ben non tant pis on fera la vaisselle demain matin"
Vincent Delerm.)
21.8.04
Liberté
~ C'est l'entendre dans la chambre. L'entendre s'énerver en silence, pour ne pas me réveiller. L'entendre dans mon rêve, avoir du mal à ouvrir les paupières pour lui dire que je ne dors pas. C'est les entendre partir, comme ça, doucement, en claquant la porte quand même. C'est se dire qu'on ne va plus les voir pendant une semaine, une longue semaine, pour moi. Y'en avait besoin. C'est garder les yeux fermés et laisser le soleil caresser le visage au travers du store mal fermé. C'est se lever à n'importe quelle heure, grignoter un croissant, écouter la musique que je veux, marcher pieds nus sur le carrelage froid, boire un grand verre de jus d'orange, prendre une douche gelée, ne pas répondre au téléphone si je n'en ai pas envie, raconter des bêtises sur msn (hein Nef...), rire toute seule dans l'appartement vide... oui rire.
Rire.
~ Enya, "One by one"
20.8.04
Convaincu d'avoir vécu
~ On savait On savait Que ça n'allait pas durer (La Grande Sophie)
Sauter dans les flaques.
Prendre le bord du trottoir pour une poutre.
Se mettre du chocolat partout.
Se battre avec papa, comme ça, pour rire.
Faire une bataille d'oreillers.
Oublier qu'on a seize ans.
Parce que.
Les vieux ne bougent plus Leurs gestes ont trop de rides Leur monde est trop petit (Jacques Brel)
Des fois, j'ai l'impression d'être vieille.
D'attendre quelque chose que je ne saurais nommer.
D'attendre sans vraiment avoir d'espoir.
Et je me hais alors.
Ils se tiennent la main Ils ont peur de se perdre Et se perdent pourtant
Et ça, ce n'est que quand on est vieux que ça arrive ?
Non, c'est une simple question.
Pour savoir.
Ils boivent du café Décaféiné Avec du sucre Désucrifié (Bénabar)
Les gestes maladroits
Regarde ce que tu as fait !
Et les cacahouètes
Eparpillées sur le sol.
Les plats qui se succèdent
Encore encore encore
J'ai promis.
Et je lis dans vos yeux Que je ne peux pas compter sur vous Mais j'y retournerai J'irai seule C'est ma vie après tout (Camille)
Dissimule dans le silence Des sentiments Des espérances (Daniel Darc)
Il pleut et il y a eu de gros orages
Alors j'ai redressé quelques vases et enlevé quelques branches mortes
Là où personne n'était venu depuis peut-être trop longtemps
Dissimule dans le silence Des sentiments Des espérances
Moi j'aime pas ce silence-là.
Il pleut encore, un peu.
Je pleure encore, un peu.
Y'a des mots Des masses de mots Y'a des mots C'est des couteaux (La Tordue)
Si seulement ces mots-là, on les gardait pour soi.
Les lames dans le corps,
Ca fait mal.
19.8.04
Patchwork
~ Deux euros soixante-dix mad'moiselle. ~ Excuse-moi, est-ce que tu aurais une cigarette s'il te plaît ? ~ Tu as des nouvelles de Sylvain ? ~ Maman, tu crois qu'il y aura des éclairs comme hier soir ? ~ Bon, tu te calmes maintenant, sinon on rentre à la maison. ~ Vous les voulez en quel format vos photos ? ~ Maman, je peux avoir une glace s'il te plaît ? ~ Je vais changer de portable, le mien ne marche plus. ~ Un carnet de timbres s'il vous plaît. ~ Vous avez la monnaie ? ~ Tu as lu ce bouquin ? ~ Et elle fait quoi à la rentrée ? ~
Vide
Vide
Vide
Je respire
Mots volés en ville. Au coin d'une rue, au comptoir d'un magasin.
Vide
Vide
Vide
Quand reviens-tu ?
J'sais pas. J'sais plus. J'me rappelle plus.
Vide
Vide
Vide
J'étouffe.
18.8.04
Une larme qui coule... pour rien.
~ Un rêve sourd. Comme il y en a tant d'autres. Un rêve qui passe, commme ça. Que je ne cherche même pas à arrêter, même pas à comprendre. Ca n'sert à rien.
Je ne le sais que trop bien.
17.8.04
Never Ending Story... Faut y croire ?
Armies have conquered
And fallen in the end
Kingdoms have risen
Then buried by sand
The Earth is our mother
She gives and she takes
She puts us to sleep and
In her light we'll awake
We'll all be forgotten
There's no endless fame
But everything we do
Is never in vain
Refrain
We're part of a story, part of a tale
We're all on this journey
No one is to stay
Where ever it's going
What is the way?
Forests and deserts
Rivers, blue seas
Mountains and valleys
Nothing here stays
While we think we witness
We are part of the scene
This never-ending story
Where will it lead to?
The earth is our mother
She gives and she takes
But she is also a part
A part of the tale
Refrain
We're part of a story, part of a tale
Sometimes beautiful and sometimes insane
No one remembers how it began.
Within Temptation
~ Je ne le referai plus. Promis. J'voulais pas. C'pas d'ma faute. Pardon.
~ Within Temptation, "Never Ending Story"
16.8.04
Laissez-moi... respirer...
~ Pas envie de parler. Je me fous du regard insistant de mon père qui voudrait que je raconte... J’ai mangé des légumes et des fruits. J’ai mangé un croissant. J’ai senti le soleil brûlant contre la peau, le bruit que fait l’eau quand les gens plongent dans la piscine publique, en face... J’ai défait ma valise, car je savais que plus j’attendrais, plus ce serait difficile. J’ai loupé Caro à la gare, parce que j’ai dormi pour oublier. J’ai accroché mon drapeau dédicacé dans ma chambre et les couleurs m’aveuglent dès que j’y entre. Les larmes aussi. J’ai senti la solitude qui m’enveloppait, un peu douce, douloureuse surtout. Même les mots derrière l’écran sont sans saveur. Même les notes effleurées sur le clavier de l’orgue sont fades. J’ai senti le vide, là, tout autour de moi. J’ai relu nos phrases cultes et j’ai mêlé des rires aux sanglots. La journée a passé lentement. J’ai retrouvé mon ami l’ennui et je suis partie me promener pour tenter de retrouver un soupçon de ce qu’était là-bas. En vain. J’ai écouté Hallelujah, en me souvenant du guitariste aux yeux gris des rues de Dublin. Avant, je n’avais pas vraiment réalisé que je n’allais revoir ni le groupe, ni l’Irlande de si tôt. Mais maintenant si. Et ça fait mal.
~ Jeff Buckley, "Hallelujah"
10.8.04
Carnet de (de)route
~ je n'ai que neuf minutes pour decrire ce que je vis ici, et en fait, c'est totalement impossible, tant il y aurait de choses a raconter et a faire partager... je n'ai que neuf minutes et pourtant j'aimerais dire tout ce qui se passe dans cette Irlande que je decouvre jour apres jour... les rues pietonnes de Galway, le gars aux yeux tristes qui joue de la cornemuse, les cliffs of Moher plus impressionnantes encore que dans mes reves, les mesaventures dans le bus ^^ (genre la vitre qui disparait d'un coup dans un bruit de bouteille de soda qu'on ouvre, me-mo-ra-ble), le jonglage dans la rue et les gens qui te prennent en photo (ils n'ont vraiment que ca a faire...), la Guinness un peu amere qu'on boit quand meme, meme si on n'a pas l'age, l'Irish Coffee en toute legalite cette fois, les musiques qu'on decouvre au fond du bus, les cours de danse irlandaise, le hurling ou on se tape dessus, les chocolats chauds aux marshmallows, les drapeaux qu'on se dedicace et... tout le reste.
3.8.04
Loin
un message sans accent sans majuscule et sans ponctuation parce que sur ce clavier je n arrive a rien... un message juste pour vous dire que l irlande est aussi belle que dans mes souvenirs que la pluie n a pas demenage depuis octobre et qu il y a toujours la meme odeur dans l air, la liberte. a tres bientot et prenez soin de vous...
1.8.04
Farwell France
Tell all my friends
I have gone to the moon
Tell all my friends
I will write them soon
And tell them
If you see them
That I am better left alone
'Cause I'm living up here where the air is thin
And where gravity don't bring you down
Yeah I'm living up here and I'm watching your universe cooling down
I spend my days beneath a perspex dome
I think that I have finally come home
So tell them
If you see them
That I am better left alone
'Cause I'm living up here where the air is thin
And where gravity don't bring you down
Yeah I'm living up here and I'm watching your universe cooling down
Yeah I'm living up here where the air is thin
And where gravity don't bring you down
I'm living up here and I'm watching your universe cooling down
Tom Mc Rae
1.8.04
[...]
~ Good Bye Lenin. Wah. *sans voix*. Déjà, aller seule au cinéma, ce n'est pas dans mes habitudes. Mais aller voir un film triste seule au cinéma, c'est pas une super bonne idée.
[En même temps, ce ne sera pas la première.]
Quoique. Finalement, ça fait du bien. J'ai marché ensuite, dans les rues désertes. La ville comme un no man's land. Le lycée fermé, le parc juste devant totalement vide, les cafés stores baissés, les voitures... pas de voitures. Le camion de pizza, et c'est tout. J'ai marché. Et je suis rentrée à pied sans même m'en rendre compte [quatre arrêts de métro quand même O_ô].
Good Bye Lenin. J'ai pleuré. A peu près tout le long. Les autres gens riaient. Moi, j'ai pleuré.
[C'est là que je me dis que je dois réellement avoir un problème.]
En plus, c'est Yann Tiersen qui a fait la musique. Et ils remettent une musique d'Amélie dedans. Y'a ça aussi qui m'a fait pleurer. Et puis y'a le jeu de Chulpan Khamatova. Débordant de naturel, de spontanéité, de vie aussi. Ici et là. Magnifique.
~ Je suis prête à partir. Enfin, non pas du tout. Mais c'est tout comme. Au lieu de dire ça, je devrais vraiment aller finir la valise, parce que sinon, j'en connais une qui ne va pas dormir de la nuit. [Déjà que.] Je tenterai de vous envoyer quelques nouvelles de là-bas [bon bien sûr, y'a les privilégiés qui en auront obligatoirement mais là... fallait faire une demande trois mois auparavant, avec carte d'identité, justificatif de domicile, etc.]
~ Yann Tiersen "BO de Good Bye Lenin !"
Gribouillé par Mélie à 01:28. Chaque fois que le train passe
~ Elle est venue de Metz et quand je l'ai vu à la sortie de la bouche de métro, j'ai presque couru pour la voir, mais le piéton était rouge et j'ai attendu, les bras ballants sur le trottoir sale. Et puis on a fermé les yeux sur tout le reste, pendant vingt-quatre heures on était encore un peu là-bas en Irlande, avec les photos, les rires, les musiques jusqu'à trop tard dans la nuit, les chocolats marshmallows faits maison et tout le reste... Juste... La remercier. Parce que quand elle est partie, ça a fait une boule dans la gorge. J'arrivais pas à déglutir. "J'aime pas les adieux" et elle m'a presque engueulée parce que ce n'était pas un adieu mais un au revoir. Oui mais même.
~ Partir, comme ça, dans deux heures... Partir avec E. ça va être bien. Trois jours pour oublier la rentrée qui se profile dangereusement à l'horizon, même si on fait semblant de ne pas la voir. Partir et puis pas r'garder en arrière. Ca sert à rien. Partir pour une nouvelle année, pour d'autres choses. On met les souvenirs au placard, on en reconstruit d'autres. On fait le vide. Un peu... Mais pas trop.
~ Les Ogres de Barback, "Rue du Temps"
(de retour le trois septembre... d'ici là... prenez soin de vous, et Merci.)
24.8.04
Je voudrais... Dormir...
Je suis debout dans la cuisine et je ne pense à rien.
Enfin à rien, c'est difficile, même impossible.
Y a toujours un petit quelque chose qui vient on ne sait d'où,
Un détail sur le mur le papier peint, une parole pas digérée.
Quand on voudrait avoir la tête vide ça nous vient comme ça.
Je voudrais dormir.
Jeanne Cherhal
La couette qu'on sort du grand tiroir sous le lit à deux heures du matin parce qu'il fait décidément bien trop froid...
Je voudrais dormir.
Le rêve. Claire avec ses boucles brunes, ma Soeur de Larmes et de Plume, la serrer dans mes bras ; parce que j'en ai assez des lettres... Un jour, j'irai la voir, comme ça, sans prévenir. Et ce sera bien.
Je voudrais dormir.
Les éclairs et la pluie, le vent et l'orage énorme. Les murs qui tremblent. Se tourner et se retourner dans le lit. Le bruit violent des gouttes contre le carreau.
Je voudrais dormir.
Le portable qui sonne. Mon Ange Noir qui m'appelle. Ca n'fait même plus mal, là. Mais... tu ne trouves pas que c'est un peu tôt pour appeler ? J'avais juste envie de te parler. Oh. Ne pas dire mot, parce qu'il n'y a rien à dire... Quand est-ce qu'on se voit ? S'étrangler en silence. On se reverra, au moins ? Répondre oui en pensant au fond que non, c'est p't-être pas une bonne idée...
Je voudrais dormir.
7h30. Se lever, doucement. Parce qu'il fait trop froid, parce que la pluie fait trop de bruit, parce que j'aime pas les rêves qui semblent me dire "bon, quand est-ce que tu te décides à faire ce dont tu as envie depuis trop longtemps ?", parce qu'il a envie qu'on se revoit et que moi j'sais pas. Errer dans l'appartement vide. Avoir envie de pleurer, sans vraiment savoir pourquoi. Prendre une douche brûlante. Se sentir comme dans une bulle, prête à éclater.
Je voulais dormir...
24.8.04
Un bout d'soleil dans un grand magasin
~ Je me suis levée tôt pour une fois. (11h. Tout est relatif.) J'avais encore les yeux embués et j'ai trébuché sur mes textes que j'avais laissés par terre (Tu l'as cherché Amélie.), j'ai râlé. J'ai monté le store qui grince et le soleil m'a aveuglée, je me suis empressée de fermer les yeux. L'ordinateur, la moitié de yaourt qu'on se force à avaler, les mails auxquels on répond, la douche brûlante, le temps qui passe trop vite, un peu...
Et l'envie d'aller à la bibliothèque. L'envie, soudaine, comme ça, d'un coup.
(Dire bonjour au monsieur de l'accueil, monter les escaliers en courant, se rappeler qu'on venait là quand on était gamine et qu'une gentille dame lisait des "J'aime lire" aux enfants. Elle savait mimer la voix d'innombrables personnages, ça m'impressionnait toujours. Pousser la porte de la bibliothèque adultes. Tout doucement. Marcher sur le parquet luisant. Traîner dans les rayons. Prendre des livres au hasard. Lire des résumés. Errer entre Eluard et Modiano.
[C'est le soir où je repensais
A la veille du bac de français
En vous appuyant sur le champ
Lexical de l'enfermement
Vous soulignerez la terreur
Dans le regard du narrateur
Dans les pages cornées d'un Folio
"Voyage de noces" de Modiano]
Vincent Delerm
Entendre le silence.
Feuilleter des essais qu'on ne lira jamais. Faire courir mes doigts le long des mots. Parler avec des stagiaires. Se faire indiquer de bons bouquins. Monter de deux étages. Regarder les nouveautés CDs. Les Ogres de Barback et La Rue Kétanou dans une main. Björk et Ben Harper dans l'autre. Se dire que "Choisir, c'est renoncer." Penser à Yerno qui n'aime pas les proverbes. Et penser "Oh, encore un point commun" ^__^. Choisir un film pour la soirée parmi toute la liste qu'on a écrite pendant qu'on était en Irlande. Hésiter. Fouiller dans ses poches pour trouver sa carte. Descendre les escaliers quatre à quatre, sortir. Le sac à dos plein.)
La bibliothèque était fermée. Pff... Rien que pour ça, vivement la rentrée.
Grande surface et la vision de la nourriture qui écoeure. L'odeur du poisson aussi. L'envie de partir en courant. Acheter quand même quelques trucs, histoire de dire que je mange, même quand je suis seule.
(Même si c'est mentir un peu.)
Devant l'étalage de pastèques, hésiter. "Ca fait gros une pastèque quand même quand on est seul à la manger !". Je me retourne et lui souris. Oui, vous avez raison. "La prochaine fois, j'amène un couteau, et on se la partage. D'accord ?"
D'accord.
Sourire, rien que pour ça. Et puis... le retrouver à la caisse, juste celle d'à côté. Sortir en même temps la pastèque du panier. Sourire (bis). Baisser les yeux et sortir les petits pots pour bébé. Surprendre son regard étonné.
"Un peu jeune, non ?
- Un peu vieille plutôt.
- C'est pour toi ?
- Oui."
Et éclater de rire, comme ça en même temps. Rire, rire comme deux gamins. Bah quoi ? C'est bon les pots pour bébés... Payer en même temps, sortir en même temps. Se dire au revoir. Et puis Merci aussi. Parce que.
S'assoir dans le square et regarder les gens. Le gamin qui a de la glace tout autour des lèvres. Et l'homme d'affaires qui est tellement pressé que je ne le vois même pas passer. Rejoindre E. devant la boutique SNCF. La serrer longtemps dans mes bras. Elle sent l'été. Avec sa peau bronzée et toutes ses tresses qui s'agitent sur sa tête. La serrer encore. Fort. Changer les billets de train.
(Parce que, je n'veux pas dire, mais bon, passer par Paris pour faire Bordeaux-Lyon, faut être motivé quand même ! ^^')
Parler, un peu. Au milieu du trottoir. Tant pis. Et puis se quitter, déjà. (Y'a encore les yaourts dans mon sac à dos. Ca supporte moyen la chaleur les yaourts, non ?)
Ce soir, pastèque et petit pot au caramel. (Blédicrèm'. Crème dessert Caramel. 70% de lait infantile. Dès quatre mois.)
(Y'a pas marqué jusqu'à quel âge c'est, alors c'est bon.)
C'était un de mes meilleurs repas je crois. (Sans rire, ils ont d'la chance les bébés ^^')
Juste... une pensée pour le jeune homme aux yeux verts qui a illuminé ma journée, par un éclat de rire, à la caisse d'un grand magasin.
23.8.04
Juste quelques mots
" Se jeter dans les extrêmes, voilà la règle du poète.
Garder en tout un juste milieu, voilà le bonheur"
Denis Diderot
22.8.04
Photographic Interview
1. Qui suis-je ?
2. Qui me connaît le mieux ?
3. Quel âge ai-je ?
4. La chose la plus importante dans ma vie est...
5. Je porte toujours...
6. Quelque chose que je fais tout le temps...
7. Je suis la plus heureuse quand...
8. Un lundi matin, vous pouvez me trouver...
9. Mon moyen de transport préféré est...
10. Mes yeux sont...
11. Ce que je préfère posséder...
12. Pour me détendre, j'aime...
13. La ville où j'habite est...
14. Ma pire habitude est...
15. Mon plaisir défendu est...
16. Quand je regarde quelqu'un, la première chose que je vois est...
17. Je pense que... est beau.
18. Une chose sans laquelle je ne peux pas vivre
19. Une chose que les gens ne savent pas à propos de moi...
20. Ma vie est...
Idée trouvée ici, ici et là
Merci à Nef, pour tous ses conseils.
Merci à Ae, elle sait pourquoi.
22.8.04
On fera la vaisselle demain matin
~ C'était une belle journée. Une journée en couleurs, avec des rires, des interrogations quant à la destination des avions (!), des dessins dans le ciel, des koalas au chocolat et à la guimauve, des photos, des discussions, des expressions débiles à la Ae. C'était la voir, elle, un peu, depuis tout ce temps. C'était raconter l'Irlande et l'entendre décrire la Tunisie et les palaces décrépis. C'était s'allonger dans l'herbe et sentir le soleil tout contre nous. C'était... bien.
Et puis après, c'est rejoindre Maman dans le petit appartement, pour la voir un peu, parce qu'elle est seule. Et c'est... la plus longue discussion, la complicité qui s'installe, les secrets, les amis, les expériences... C'est les souvenirs qui se mêlent, les questions qui trouvent enfin des réponses... C'est étrange. C'est la proximité que nous n'avons jamais connue peut-être.
Rentrer dans l'appartement, vide, exactement comme je l'ai laissé ce matin. C'est prendre des photos pendant tout la soirée, toute la nuit même. S'amuser. Comme ça, pour rien. Pour plein de choses. Tout laisser dans un état effroyable, se dire qu'on rangera demain.
(Et tes parents c'est peut-être des gens biens
Qui regardent les soirées spéciales Joe Dassin
Et puis qui disent : "Ben non tant pis on fera la vaisselle demain matin"
Vincent Delerm.)
21.8.04
Liberté
~ C'est l'entendre dans la chambre. L'entendre s'énerver en silence, pour ne pas me réveiller. L'entendre dans mon rêve, avoir du mal à ouvrir les paupières pour lui dire que je ne dors pas. C'est les entendre partir, comme ça, doucement, en claquant la porte quand même. C'est se dire qu'on ne va plus les voir pendant une semaine, une longue semaine, pour moi. Y'en avait besoin. C'est garder les yeux fermés et laisser le soleil caresser le visage au travers du store mal fermé. C'est se lever à n'importe quelle heure, grignoter un croissant, écouter la musique que je veux, marcher pieds nus sur le carrelage froid, boire un grand verre de jus d'orange, prendre une douche gelée, ne pas répondre au téléphone si je n'en ai pas envie, raconter des bêtises sur msn (hein Nef...), rire toute seule dans l'appartement vide... oui rire.
Rire.
~ Enya, "One by one"
20.8.04
Convaincu d'avoir vécu
~ On savait On savait Que ça n'allait pas durer (La Grande Sophie)
Sauter dans les flaques.
Prendre le bord du trottoir pour une poutre.
Se mettre du chocolat partout.
Se battre avec papa, comme ça, pour rire.
Faire une bataille d'oreillers.
Oublier qu'on a seize ans.
Parce que.
Les vieux ne bougent plus Leurs gestes ont trop de rides Leur monde est trop petit (Jacques Brel)
Des fois, j'ai l'impression d'être vieille.
D'attendre quelque chose que je ne saurais nommer.
D'attendre sans vraiment avoir d'espoir.
Et je me hais alors.
Ils se tiennent la main Ils ont peur de se perdre Et se perdent pourtant
Et ça, ce n'est que quand on est vieux que ça arrive ?
Non, c'est une simple question.
Pour savoir.
Ils boivent du café Décaféiné Avec du sucre Désucrifié (Bénabar)
Les gestes maladroits
Regarde ce que tu as fait !
Et les cacahouètes
Eparpillées sur le sol.
Les plats qui se succèdent
Encore encore encore
J'ai promis.
Et je lis dans vos yeux Que je ne peux pas compter sur vous Mais j'y retournerai J'irai seule C'est ma vie après tout (Camille)
Dissimule dans le silence Des sentiments Des espérances (Daniel Darc)
Il pleut et il y a eu de gros orages
Alors j'ai redressé quelques vases et enlevé quelques branches mortes
Là où personne n'était venu depuis peut-être trop longtemps
Dissimule dans le silence Des sentiments Des espérances
Moi j'aime pas ce silence-là.
Il pleut encore, un peu.
Je pleure encore, un peu.
Y'a des mots Des masses de mots Y'a des mots C'est des couteaux (La Tordue)
Si seulement ces mots-là, on les gardait pour soi.
Les lames dans le corps,
Ca fait mal.
19.8.04
Patchwork
~ Deux euros soixante-dix mad'moiselle. ~ Excuse-moi, est-ce que tu aurais une cigarette s'il te plaît ? ~ Tu as des nouvelles de Sylvain ? ~ Maman, tu crois qu'il y aura des éclairs comme hier soir ? ~ Bon, tu te calmes maintenant, sinon on rentre à la maison. ~ Vous les voulez en quel format vos photos ? ~ Maman, je peux avoir une glace s'il te plaît ? ~ Je vais changer de portable, le mien ne marche plus. ~ Un carnet de timbres s'il vous plaît. ~ Vous avez la monnaie ? ~ Tu as lu ce bouquin ? ~ Et elle fait quoi à la rentrée ? ~
Vide
Vide
Vide
Je respire
Mots volés en ville. Au coin d'une rue, au comptoir d'un magasin.
Vide
Vide
Vide
Quand reviens-tu ?
J'sais pas. J'sais plus. J'me rappelle plus.
Vide
Vide
Vide
J'étouffe.
18.8.04
Une larme qui coule... pour rien.
~ Un rêve sourd. Comme il y en a tant d'autres. Un rêve qui passe, commme ça. Que je ne cherche même pas à arrêter, même pas à comprendre. Ca n'sert à rien.
Je ne le sais que trop bien.
17.8.04
Never Ending Story... Faut y croire ?
Armies have conquered
And fallen in the end
Kingdoms have risen
Then buried by sand
The Earth is our mother
She gives and she takes
She puts us to sleep and
In her light we'll awake
We'll all be forgotten
There's no endless fame
But everything we do
Is never in vain
Refrain
We're part of a story, part of a tale
We're all on this journey
No one is to stay
Where ever it's going
What is the way?
Forests and deserts
Rivers, blue seas
Mountains and valleys
Nothing here stays
While we think we witness
We are part of the scene
This never-ending story
Where will it lead to?
The earth is our mother
She gives and she takes
But she is also a part
A part of the tale
Refrain
We're part of a story, part of a tale
Sometimes beautiful and sometimes insane
No one remembers how it began.
Within Temptation
~ Je ne le referai plus. Promis. J'voulais pas. C'pas d'ma faute. Pardon.
~ Within Temptation, "Never Ending Story"
16.8.04
Laissez-moi... respirer...
~ Pas envie de parler. Je me fous du regard insistant de mon père qui voudrait que je raconte... J’ai mangé des légumes et des fruits. J’ai mangé un croissant. J’ai senti le soleil brûlant contre la peau, le bruit que fait l’eau quand les gens plongent dans la piscine publique, en face... J’ai défait ma valise, car je savais que plus j’attendrais, plus ce serait difficile. J’ai loupé Caro à la gare, parce que j’ai dormi pour oublier. J’ai accroché mon drapeau dédicacé dans ma chambre et les couleurs m’aveuglent dès que j’y entre. Les larmes aussi. J’ai senti la solitude qui m’enveloppait, un peu douce, douloureuse surtout. Même les mots derrière l’écran sont sans saveur. Même les notes effleurées sur le clavier de l’orgue sont fades. J’ai senti le vide, là, tout autour de moi. J’ai relu nos phrases cultes et j’ai mêlé des rires aux sanglots. La journée a passé lentement. J’ai retrouvé mon ami l’ennui et je suis partie me promener pour tenter de retrouver un soupçon de ce qu’était là-bas. En vain. J’ai écouté Hallelujah, en me souvenant du guitariste aux yeux gris des rues de Dublin. Avant, je n’avais pas vraiment réalisé que je n’allais revoir ni le groupe, ni l’Irlande de si tôt. Mais maintenant si. Et ça fait mal.
~ Jeff Buckley, "Hallelujah"
10.8.04
Carnet de (de)route
~ je n'ai que neuf minutes pour decrire ce que je vis ici, et en fait, c'est totalement impossible, tant il y aurait de choses a raconter et a faire partager... je n'ai que neuf minutes et pourtant j'aimerais dire tout ce qui se passe dans cette Irlande que je decouvre jour apres jour... les rues pietonnes de Galway, le gars aux yeux tristes qui joue de la cornemuse, les cliffs of Moher plus impressionnantes encore que dans mes reves, les mesaventures dans le bus ^^ (genre la vitre qui disparait d'un coup dans un bruit de bouteille de soda qu'on ouvre, me-mo-ra-ble), le jonglage dans la rue et les gens qui te prennent en photo (ils n'ont vraiment que ca a faire...), la Guinness un peu amere qu'on boit quand meme, meme si on n'a pas l'age, l'Irish Coffee en toute legalite cette fois, les musiques qu'on decouvre au fond du bus, les cours de danse irlandaise, le hurling ou on se tape dessus, les chocolats chauds aux marshmallows, les drapeaux qu'on se dedicace et... tout le reste.
3.8.04
Loin
un message sans accent sans majuscule et sans ponctuation parce que sur ce clavier je n arrive a rien... un message juste pour vous dire que l irlande est aussi belle que dans mes souvenirs que la pluie n a pas demenage depuis octobre et qu il y a toujours la meme odeur dans l air, la liberte. a tres bientot et prenez soin de vous...
1.8.04
Farwell France
Tell all my friends
I have gone to the moon
Tell all my friends
I will write them soon
And tell them
If you see them
That I am better left alone
'Cause I'm living up here where the air is thin
And where gravity don't bring you down
Yeah I'm living up here and I'm watching your universe cooling down
I spend my days beneath a perspex dome
I think that I have finally come home
So tell them
If you see them
That I am better left alone
'Cause I'm living up here where the air is thin
And where gravity don't bring you down
Yeah I'm living up here and I'm watching your universe cooling down
Yeah I'm living up here where the air is thin
And where gravity don't bring you down
I'm living up here and I'm watching your universe cooling down
Tom Mc Rae
1.8.04
[...]
~ Good Bye Lenin. Wah. *sans voix*. Déjà, aller seule au cinéma, ce n'est pas dans mes habitudes. Mais aller voir un film triste seule au cinéma, c'est pas une super bonne idée.
[En même temps, ce ne sera pas la première.]
Quoique. Finalement, ça fait du bien. J'ai marché ensuite, dans les rues désertes. La ville comme un no man's land. Le lycée fermé, le parc juste devant totalement vide, les cafés stores baissés, les voitures... pas de voitures. Le camion de pizza, et c'est tout. J'ai marché. Et je suis rentrée à pied sans même m'en rendre compte [quatre arrêts de métro quand même O_ô].
Good Bye Lenin. J'ai pleuré. A peu près tout le long. Les autres gens riaient. Moi, j'ai pleuré.
[C'est là que je me dis que je dois réellement avoir un problème.]
En plus, c'est Yann Tiersen qui a fait la musique. Et ils remettent une musique d'Amélie dedans. Y'a ça aussi qui m'a fait pleurer. Et puis y'a le jeu de Chulpan Khamatova. Débordant de naturel, de spontanéité, de vie aussi. Ici et là. Magnifique.
~ Je suis prête à partir. Enfin, non pas du tout. Mais c'est tout comme. Au lieu de dire ça, je devrais vraiment aller finir la valise, parce que sinon, j'en connais une qui ne va pas dormir de la nuit. [Déjà que.] Je tenterai de vous envoyer quelques nouvelles de là-bas [bon bien sûr, y'a les privilégiés qui en auront obligatoirement mais là... fallait faire une demande trois mois auparavant, avec carte d'identité, justificatif de domicile, etc.]
~ Yann Tiersen "BO de Good Bye Lenin !"

