mercredi 1 septembre 2004
[Archives de l'ancien blog]
24.9.04
Bulles de savon
Répondre au mail de Ju à 7h avant d'aller au lycée, avoir les doigts engourdis et puis pas réussir à écrire les mots. Dehors, regretter de pas avoir mis d'écharpe, marcher contre le vent, les cheveux qui tombent dans la figure. Au self, des cris de partout, l'effervescence sans raison, l'envie qu'ils se taisent.
Une envie d'silence, de coton. Une envie d'bulles de savon.
La litté qui endort, le langage poético-médiéval qui n'veut pas dire grand chose, le latin et un rire nerveux parce que même la traduction en français, je ne la comprends pas...
Un chocolat de Russie,
les mains de Minimo sur mes yeux,
le riz pas assez cuit,
le ciel pas assez bleu
La tête contre une vitre dans un couloir, pas envie d'rentrer en cours.
La machine à café. L'expresso qui coule, mais y'a pas de gobelet. C'est toujours sur moi que ça tombe les trucs comme ça.
Dans le métro, croiser le prof d'histoire. Un grand sourire. De mon côté aussi. Et puis une lettre de Max, se mordre les lèvres et se retenir de justesse à un siège.
Pour pas tomber.
Une envie d'silence, de coton. Une envie d'bulles de savon.
En rentrant, mettre Amélie Poulain (obsession du moment) et puis préparer un chocolat chaud. La peau sur le lait, les grains de cacao qui se mélangent, les dessins dans la tasse. Se brûler la langue mais tant pis. Ca fait du bien.
Une envie d'silence, de coton. Une envie d'bulles de savon.
(de retour le 1er octobre, voire le 4, en fonction de.)
23.9.04
S'endormir sur un joli message, se réveiller avec une musique irlandaise. Métro vide à 9h30, à la récréation un air de violon qui passe dans le vent (La Dame Triste a trouvé d'autres fans. Adieu.)
La littérature, et lire une lettre planquée sous le cours sur Perceval et la rencontre avec Blanche-Fleur. Une lettre qui fait une boule dans la gorge. Pas savoir que répondre, et puis répondre quand même.
Repas de midi en cinq minutes, rejoindre le gymnase en courant. Enfin. Jonglage à cinq balles, pas tout à fait au point. Mais quand même. "Je vois que tu t'es entraînée cet été". Oh... un peu. Apprendre à jouer du djembé. A s'en faire mal aux mains.
Le latin qui endort, la voix de la prof : "Pour demain, vous faites la présentation du texte et son vocabulaire !" Protestation générale.
- Non madame !! On a déjà trop de devoirs !
- Bon, les S, je comprends, mais les L, vous n'avez jamais rien à faire et vous avez toujours des trous de partout. Les S, laissez tomber, les L, vous me faites ça.
J'ai comme une soudaine envie de lui faire avaler mon emploi du temps.
Et mon agenda, en prime.
Explication de texte en philo. Plus je lis, moins je comprends. Ca n'doit pas être normal. Pas arriver à me concentrer. Avoir l'esprit ailleurs. Me boucher les oreilles pour plus entendre les bruits. Laisser des larmes invisibles entre les mots. J'ai marqué attenir pour atteindre dans ma copie. Ca devient grave.
22.9.04
Automne
(Du venin sous le miel.)
Premier jour de l'Automne.
Le soleil au travers des arbres qui fait des tâches lumineuses sur la fenêtre. Regarder distraitement le ciel.
Manger sans avoir faim, le chocolat amer au fond d'la gorge... pas y faire attention...
Hier soir, des bonbons multicolores et des cheveux dans les yeux, des sourires et un jus d'orange-banane, un agenda bondé de dates à retenir.
Hier soir, de longues explications dans la voiture, et Björk qui pleure doucement dans la chambre.
Pas arriver à dormir, malgré les paupières qui se ferment.
Premier jour de l'Automne.
Ce matin, trébucher dans la chambre sur la valise ouverte. Ce matin, une douche brûlante et la lumière rougeâtre. Ce matin, le ciel en jaune et bleu. Yann Tiersen dans la chambre et préparer son sac en fredonnant. Carrelage froid sous les pieds nus. Se dépêcher pour ne pas être en retard. Vite...
Mélanger les jours.
Premier jour de l'Automne.
Espérer en silence un changement, un nouveau départ. Et puis non.
Y'a rien qui s'passe.
21.9.04
Envie de poster
mais tout m'en empêche... la lumière à l'extérieur, le silence trop imposant du cdi, le bruit de mes doigts sur les touches, l'agenda ouvert à côté de moi qui me rappelle mes obligations, les larmes qui brouillent la vue et puis... peut-être le plus important, le manque de mots. Pour dire. Ce qui ne se dit pas.
16.9.04
CDI. pas de pc, ni de connexion chez moi, pour au moins trois semaines encore. les larmes et l'envie de dormir à 20h. les cours de philo qui passionnent et perturbent. envie de rêver.
Julie, j'ai envie de te parler.
5.9.04
...
(Non Neph... ne dis rien. S'il te plaît. Je ne sais pas. Pardon.)
Le ciel tellement bleu qu'on dirait pas un vrai ciel, et la journée qui commence à n'importe quelle heure. Feuilleter Prévert et puis taire les mots. Dans les mails, y'a que d'l'indifférence, mais peut-être qu'au fond, je l'ai cherché. Cuisiner et tester des recettes. Le soir, ne rien dire ou presque. Parce que. Du réglisse et de la glace au café. Des vieilles partitions qu'on ressort et qu'on n'arrive plus à jouer.
Haïr la nuit.
(La première fois que tu m'as dit "je t'adore", j'ai cru que tu t'étais trompé de fenêtre) Si, c'est vrai.
Bénabar en concert à la télé. (Pour une fois qu'elle sert à quelque chose ^^'). Chercher frénétiquement une cassette vierge. On s'en fout d'enregistrer sur "La belle au bois dormant", hein ? C'est là que je me dis que j'aurais du apprendre à me servir du magnétoscope. Appuyer sur tous les boutons, pour comprendre comment ça marche. C'est compliqué la technologie.
(Un jour, j'apprendrai tous ces mots-là. Je te le promets.)
3.9.04
Comme si la vie s'était posée sur lui En lui disant "toi tu bouges pas Les trucs jolis c'est pas pour toi"
~ 13h20. Sortir de l'appart, attraper les clés, marcher vers le métro. Nénou et des bouts de rêves de son Singapour lointain, un noeud porte-bonheur et une calligraphie. Merci . Anab toujours en retard. Arrêts de métro, soleil, Mia qui me serre dans ses bras et qui dit "tu m'as manqué". Long silence et puis lâcher finalement "moi aussi" parce que. C'est vrai au fond, même si. Les gens qu'on serre fort, parce que ça faisait longtemps... Alex qui s'est laissé pousser la barbe, Jo qui avait mis la chemise qu'on avait achetée en Irlande, Ae qui se fiche de moi parce que je suis avec LA personne avec qui ne voulais pas être et qu'elle, elle en est débarassée. Zoé toute impatiente de me montrer comment elle jongle à trois massues, Ash qui rit déjà en pensant aux cours de latin, Picasso qui n'a pas changé d'humour, Pierrick qui veut tout le temps me faire peur (et qui y parvient en plus...), E. et ses pépitos fondus, Lucile et son DVD de Mulholland Drive, Steph et les surnoms affectueux, Tchou et son récit de l'Irlande, et puis les autres...
Le jonglage dans le square devant le lycée, emploi du temps catastrophique (finir trois soirs à 19h... choueeeeette), classe pire encore, échange d'horaires, petits belins, brouhaha dans la salle de classe, papiers à remplir et déjà...
J'ai mal à la tête.
3.9.04
Flash-back
~ 26/08. Bordeaux.
Arrivée à la gare hier soir après le métro glauque, les affiches aveuglantes et les couloirs (trop) déserts. E. n'est pas encore là, et je vois que le train est annoncé avec deux heures de retard... Puis, photos, rires, et musique. Train-couchette à une heure du matin, enfin. Compartiments minuscules et délires avec nos compagnons de voyage. Sommeil étrange, bercé par le ronronnement du moteur. Impression d'avoir la tête en bas parfois. Puis, Bordeaux et se poser sur un banc. Soleil noir et nuages gris, bouchées de brioches et mots qui donnent envie de pleurer. E. arrête l'ODD. C'est plus pareil. Projets qui se forment [...]. J'ai peur.
~ 27/08. Bordeaux.
Il a fait si froid cette nuit et j'ai tellement mal dormi. Ca fait du bien de rencontrer des gens motivés. Même si.
La nappe en toile cirée de la cuisine, couleurs fanées et coquillages bleus hideux. J'y entends pas la mer. Ca sent la fin des vacances.
[...]
~ 29/08. 15h35. Bordeaux, gare.
Hier soir, je me suis assise presque sous la pluie, mais pas trop quand même, pour ne pas abîmer le livre... "Si c'est un homme". J'entendais les bruits du karaoké juste derrière moi et les cris aussi... l'envie de hurler sans pouvoir le faire. J'ai juste pleuré.
20h10.
Longue attente sous les lumières blafardes. Voir les gens qui défilent. Ce gamin qui réclame sa mère, cette femme avec son chaton, cet homme-ci qui lit le journal... Et tous les autres. Je me suis allongée dans la salle, et j'ai mis mes bras sur mes yeux pour ne plus rien voir. J'aime bien les halls de gare. Les bagages, les adieux, les étreintes... Le départ. Evasion.
G. et les fous rire. L'affiche de protestation contre la lucrativité des toilettes (c'était SON idée...). Comme il parle en mélangeant cinq langues à la fois. Et puis les koalas à la guimauve et au chocolat, toujours...
~ 30/08. 9h30. Lyon.
Mal dormi et réveillée à 4h dans le train. Compagnons de voyage au regard glacial. Lycée pour aller chercher mes livres. Personnes que je n'ai pas envie de voir mais que je vois quand même. Baisser la tête. Bises rapides. Pendant deux mois, j'ai été amnésique du lycée et de tous ces gens. Pendant deux mois, j'ai oublié ma classe, et ça m'allait très bien comme ça. Pendant deux mois, je n'ai pas pensé aux mêmes choses, je n'ai pas eu de doutes ni de peurs. Là, tout remonte à la surface, d'un coup. Ca laisse un goût amer dans la bouche. J'aime pas ça.
[...]
~ 31/08. 11h20. Villeurbanne.
"Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants". Pourquoi est-ce que je pleure à TOUS les films que je vais voir ? Pourquoi est-ce qu'ils ont mis du Radiohead à un moment ? Pourquoi j'suis allée encore une fois toute seule au cinéma ? Pourquoi j'ai mordu dans mon sweat pour pas laisser échapper les larmes ? Et puis d'abord, pourquoi je me pose des questions ?
(Lou ne fait pas l'équipe Jem. Ca fout mal au ventre.)
~ 01/09. 11h20. Villeurbanne.
Septembre, déjà. Comment on fait pour attraper le temps ?
21h.
Une larme furtive essuyée, une fatigue soudaine, son regard rassurant et ses mains sur mon ventre, ses mots trop vrais parfois, Vincent Delerm dans la voiture pour éviter d'y penser, mais. On se reverra.
[...]
~ 02/09. 12h40.
Max : "tu verras, une année, ça passe vite !".
Tu parles...
Gribouillé par Mélie à 01:29. Bulles de savon
Répondre au mail de Ju à 7h avant d'aller au lycée, avoir les doigts engourdis et puis pas réussir à écrire les mots. Dehors, regretter de pas avoir mis d'écharpe, marcher contre le vent, les cheveux qui tombent dans la figure. Au self, des cris de partout, l'effervescence sans raison, l'envie qu'ils se taisent.
Une envie d'silence, de coton. Une envie d'bulles de savon.
La litté qui endort, le langage poético-médiéval qui n'veut pas dire grand chose, le latin et un rire nerveux parce que même la traduction en français, je ne la comprends pas...
Un chocolat de Russie,
les mains de Minimo sur mes yeux,
le riz pas assez cuit,
le ciel pas assez bleu
La tête contre une vitre dans un couloir, pas envie d'rentrer en cours.
La machine à café. L'expresso qui coule, mais y'a pas de gobelet. C'est toujours sur moi que ça tombe les trucs comme ça.
Dans le métro, croiser le prof d'histoire. Un grand sourire. De mon côté aussi. Et puis une lettre de Max, se mordre les lèvres et se retenir de justesse à un siège.
Pour pas tomber.
Une envie d'silence, de coton. Une envie d'bulles de savon.
En rentrant, mettre Amélie Poulain (obsession du moment) et puis préparer un chocolat chaud. La peau sur le lait, les grains de cacao qui se mélangent, les dessins dans la tasse. Se brûler la langue mais tant pis. Ca fait du bien.
Une envie d'silence, de coton. Une envie d'bulles de savon.
(de retour le 1er octobre, voire le 4, en fonction de.)
23.9.04
S'endormir sur un joli message, se réveiller avec une musique irlandaise. Métro vide à 9h30, à la récréation un air de violon qui passe dans le vent (La Dame Triste a trouvé d'autres fans. Adieu.)
La littérature, et lire une lettre planquée sous le cours sur Perceval et la rencontre avec Blanche-Fleur. Une lettre qui fait une boule dans la gorge. Pas savoir que répondre, et puis répondre quand même.
Repas de midi en cinq minutes, rejoindre le gymnase en courant. Enfin. Jonglage à cinq balles, pas tout à fait au point. Mais quand même. "Je vois que tu t'es entraînée cet été". Oh... un peu. Apprendre à jouer du djembé. A s'en faire mal aux mains.
Le latin qui endort, la voix de la prof : "Pour demain, vous faites la présentation du texte et son vocabulaire !" Protestation générale.
- Non madame !! On a déjà trop de devoirs !
- Bon, les S, je comprends, mais les L, vous n'avez jamais rien à faire et vous avez toujours des trous de partout. Les S, laissez tomber, les L, vous me faites ça.
J'ai comme une soudaine envie de lui faire avaler mon emploi du temps.
Et mon agenda, en prime.
Explication de texte en philo. Plus je lis, moins je comprends. Ca n'doit pas être normal. Pas arriver à me concentrer. Avoir l'esprit ailleurs. Me boucher les oreilles pour plus entendre les bruits. Laisser des larmes invisibles entre les mots. J'ai marqué attenir pour atteindre dans ma copie. Ca devient grave.
22.9.04
Automne
(Du venin sous le miel.)
Premier jour de l'Automne.
Le soleil au travers des arbres qui fait des tâches lumineuses sur la fenêtre. Regarder distraitement le ciel.
Manger sans avoir faim, le chocolat amer au fond d'la gorge... pas y faire attention...
Hier soir, des bonbons multicolores et des cheveux dans les yeux, des sourires et un jus d'orange-banane, un agenda bondé de dates à retenir.
Hier soir, de longues explications dans la voiture, et Björk qui pleure doucement dans la chambre.
Pas arriver à dormir, malgré les paupières qui se ferment.
Premier jour de l'Automne.
Ce matin, trébucher dans la chambre sur la valise ouverte. Ce matin, une douche brûlante et la lumière rougeâtre. Ce matin, le ciel en jaune et bleu. Yann Tiersen dans la chambre et préparer son sac en fredonnant. Carrelage froid sous les pieds nus. Se dépêcher pour ne pas être en retard. Vite...
Mélanger les jours.
Premier jour de l'Automne.
Espérer en silence un changement, un nouveau départ. Et puis non.
Y'a rien qui s'passe.
21.9.04
Envie de poster
mais tout m'en empêche... la lumière à l'extérieur, le silence trop imposant du cdi, le bruit de mes doigts sur les touches, l'agenda ouvert à côté de moi qui me rappelle mes obligations, les larmes qui brouillent la vue et puis... peut-être le plus important, le manque de mots. Pour dire. Ce qui ne se dit pas.
16.9.04
CDI. pas de pc, ni de connexion chez moi, pour au moins trois semaines encore. les larmes et l'envie de dormir à 20h. les cours de philo qui passionnent et perturbent. envie de rêver.
Julie, j'ai envie de te parler.
5.9.04
...
(Non Neph... ne dis rien. S'il te plaît. Je ne sais pas. Pardon.)
Le ciel tellement bleu qu'on dirait pas un vrai ciel, et la journée qui commence à n'importe quelle heure. Feuilleter Prévert et puis taire les mots. Dans les mails, y'a que d'l'indifférence, mais peut-être qu'au fond, je l'ai cherché. Cuisiner et tester des recettes. Le soir, ne rien dire ou presque. Parce que. Du réglisse et de la glace au café. Des vieilles partitions qu'on ressort et qu'on n'arrive plus à jouer.
Haïr la nuit.
(La première fois que tu m'as dit "je t'adore", j'ai cru que tu t'étais trompé de fenêtre) Si, c'est vrai.
Bénabar en concert à la télé. (Pour une fois qu'elle sert à quelque chose ^^'). Chercher frénétiquement une cassette vierge. On s'en fout d'enregistrer sur "La belle au bois dormant", hein ? C'est là que je me dis que j'aurais du apprendre à me servir du magnétoscope. Appuyer sur tous les boutons, pour comprendre comment ça marche. C'est compliqué la technologie.
(Un jour, j'apprendrai tous ces mots-là. Je te le promets.)
3.9.04
Comme si la vie s'était posée sur lui En lui disant "toi tu bouges pas Les trucs jolis c'est pas pour toi"
~ 13h20. Sortir de l'appart, attraper les clés, marcher vers le métro. Nénou et des bouts de rêves de son Singapour lointain, un noeud porte-bonheur et une calligraphie. Merci . Anab toujours en retard. Arrêts de métro, soleil, Mia qui me serre dans ses bras et qui dit "tu m'as manqué". Long silence et puis lâcher finalement "moi aussi" parce que. C'est vrai au fond, même si. Les gens qu'on serre fort, parce que ça faisait longtemps... Alex qui s'est laissé pousser la barbe, Jo qui avait mis la chemise qu'on avait achetée en Irlande, Ae qui se fiche de moi parce que je suis avec LA personne avec qui ne voulais pas être et qu'elle, elle en est débarassée. Zoé toute impatiente de me montrer comment elle jongle à trois massues, Ash qui rit déjà en pensant aux cours de latin, Picasso qui n'a pas changé d'humour, Pierrick qui veut tout le temps me faire peur (et qui y parvient en plus...), E. et ses pépitos fondus, Lucile et son DVD de Mulholland Drive, Steph et les surnoms affectueux, Tchou et son récit de l'Irlande, et puis les autres...
Le jonglage dans le square devant le lycée, emploi du temps catastrophique (finir trois soirs à 19h... choueeeeette), classe pire encore, échange d'horaires, petits belins, brouhaha dans la salle de classe, papiers à remplir et déjà...
J'ai mal à la tête.
3.9.04
Flash-back
~ 26/08. Bordeaux.
Arrivée à la gare hier soir après le métro glauque, les affiches aveuglantes et les couloirs (trop) déserts. E. n'est pas encore là, et je vois que le train est annoncé avec deux heures de retard... Puis, photos, rires, et musique. Train-couchette à une heure du matin, enfin. Compartiments minuscules et délires avec nos compagnons de voyage. Sommeil étrange, bercé par le ronronnement du moteur. Impression d'avoir la tête en bas parfois. Puis, Bordeaux et se poser sur un banc. Soleil noir et nuages gris, bouchées de brioches et mots qui donnent envie de pleurer. E. arrête l'ODD. C'est plus pareil. Projets qui se forment [...]. J'ai peur.
~ 27/08. Bordeaux.
Il a fait si froid cette nuit et j'ai tellement mal dormi. Ca fait du bien de rencontrer des gens motivés. Même si.
La nappe en toile cirée de la cuisine, couleurs fanées et coquillages bleus hideux. J'y entends pas la mer. Ca sent la fin des vacances.
[...]
~ 29/08. 15h35. Bordeaux, gare.
Hier soir, je me suis assise presque sous la pluie, mais pas trop quand même, pour ne pas abîmer le livre... "Si c'est un homme". J'entendais les bruits du karaoké juste derrière moi et les cris aussi... l'envie de hurler sans pouvoir le faire. J'ai juste pleuré.
20h10.
Longue attente sous les lumières blafardes. Voir les gens qui défilent. Ce gamin qui réclame sa mère, cette femme avec son chaton, cet homme-ci qui lit le journal... Et tous les autres. Je me suis allongée dans la salle, et j'ai mis mes bras sur mes yeux pour ne plus rien voir. J'aime bien les halls de gare. Les bagages, les adieux, les étreintes... Le départ. Evasion.
G. et les fous rire. L'affiche de protestation contre la lucrativité des toilettes (c'était SON idée...). Comme il parle en mélangeant cinq langues à la fois. Et puis les koalas à la guimauve et au chocolat, toujours...
~ 30/08. 9h30. Lyon.
Mal dormi et réveillée à 4h dans le train. Compagnons de voyage au regard glacial. Lycée pour aller chercher mes livres. Personnes que je n'ai pas envie de voir mais que je vois quand même. Baisser la tête. Bises rapides. Pendant deux mois, j'ai été amnésique du lycée et de tous ces gens. Pendant deux mois, j'ai oublié ma classe, et ça m'allait très bien comme ça. Pendant deux mois, je n'ai pas pensé aux mêmes choses, je n'ai pas eu de doutes ni de peurs. Là, tout remonte à la surface, d'un coup. Ca laisse un goût amer dans la bouche. J'aime pas ça.
[...]
~ 31/08. 11h20. Villeurbanne.
"Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants". Pourquoi est-ce que je pleure à TOUS les films que je vais voir ? Pourquoi est-ce qu'ils ont mis du Radiohead à un moment ? Pourquoi j'suis allée encore une fois toute seule au cinéma ? Pourquoi j'ai mordu dans mon sweat pour pas laisser échapper les larmes ? Et puis d'abord, pourquoi je me pose des questions ?
(Lou ne fait pas l'équipe Jem. Ca fout mal au ventre.)
~ 01/09. 11h20. Villeurbanne.
Septembre, déjà. Comment on fait pour attraper le temps ?
21h.
Une larme furtive essuyée, une fatigue soudaine, son regard rassurant et ses mains sur mon ventre, ses mots trop vrais parfois, Vincent Delerm dans la voiture pour éviter d'y penser, mais. On se reverra.
[...]
~ 02/09. 12h40.
Max : "tu verras, une année, ça passe vite !".
Tu parles...

