jeudi 27 janvier 2005
Du sang pour cracher des mots Des fleurs pour t'aimer bientôt
(Ou les péripéties d'une jeune fille en quête de sa future orientation...) [tout un programme.]
Deux possibilités s'offrent à vous :
1) Version courte, si vous avez pas envie de perdre votre temps et que vous souhaitez directement connaître le bilan de cette journée, rendez-vous à la fin du post.
2) Version longue, pour les plus masochistes et ceux qui n'ont rien d'autre à faire.
Déjà, avant même d'y mettre les pieds, j'étais super rassurée. Je veux dire, quand les profs ne le disent pas ouvertement, mais le sous-entendent tellement fort, on ne peut pas faire semblant de ne pas comprendre. En gros, c'était un truc du genre : "Vendredi, vous saurez tous ce que vous faites l'an prochain". Parce qu'aujourd'hui et demain, journées de l'enseignement supérieur, portes ouvertes et tout le blabla. Le genre de truc miraculeux, l'illumination soudaine, la décision enfin prise.
(Mais quelle blague.)
Le bus était à 8h11, j'étais à l'arrêt à 7h56 alors que je savais pertinemment que je n'avais besoin que de cinq minutes pour y aller, mais vous savez, quand "l'avenir est en jeu", ben. 'Fin bref. Le bus était à 8h11 et à 8h27, il me déposait dans un coin totalement inconnu de cette chère ville de Lyon. (Et maintenant, on fait quoi ?). Allez, suivre le troupeau, c'est la meilleure solution. Groupe d'étudiants devant moi, je commence à les filer, genre comme dans les films d'espionnage, pour pas qu'on m'remarque. Y'a un peu comme une envie de. Pleurer.
Arrivée devant un bâtiment grisâtre, je fixe le plan d'un air hagard en cherchant vainement l'amphithéâtre O. (J'sais pas si vous vous rendez compte mais 1) je trouvais même pas l'amphi sur le plan, alors dans la "vraie vie" j'vous laisse imaginer, puis 2) si l'amphi, c'est le O, ça veut dire que y'a toutes les autres lettres de l'alphabet avant... mais merde, c'est drôlement grand !). Enfin, yeees, c'est au sous-sol, suffit d'trouver le sous-sol maintenant. Je tourne un peu, monte des escaliers (pour aller au sous-sol. no comment, merci.), traverse des couloirs, croise des gens plongés dans des bouquins, me retrouve à côté d'une fontaine, puis au près des distributeurs, je traverse l'espace fumeur, passe à côté de la cafet, de la bibliothèque, du département de langues, de. Bref.
Je marche je marche je marche, et là. Blam. Point de départ. Youpi. Il est 8h54. La conférence est à 9h. Je refixe le plan, vois "accès X", trouve le IX, le XI et le XII, mais pas de X. Prends un escalier. Amphi L, amphi M, je me rapproche du but, amphi N, puis là. Un mur. Chouette. Demi-tour, re-escaliers, re-espace fumeur, re. Et puis finalement, je ne sais trop comment, je me retrouve devant la porte de l'amphi O (un cadeau du ciel, merci), à 8h59. Je me faufile dans l'amphi (mais c'est grand, ces trucs-là...), m'installe un peu au fond, un peu à droite, un peu en biais, un peu intimidée. Juste un peu.
J'ai du mal à me souvenir ce que je vais voir, là. Y'a tellement de trucs prévus dans la journée, que ça se mélange un peu. Anglais. Bon, c'est parti. Une dame qui parle avec une voix toute douce, qui berce. Avec un joli accent. J'ai du mal à me concentrer, à prendre des notes. Surtout quand le discours ressemble à ça : "Il y a une grande différence entre LLCE et LEA, il faut donc faire le bon choix, surtout qu'avec la réforme LMD ou 3-5-8, des fois, on a du mal à voir ce qu'il faut préférer". Tu m'étonnes. Puis d'un coup, ça devient un peu plus clair, j'attrape des mots au vol, sur mon cahier, ça donne un truc comme : "Un an. Irlande. Conseillé. Expérience. Facilité." et j'dessine un soleil sur le coin d'ma feuille.
A 10h, terminé, je sors, prochaine conférence à 11h30, j'me dis, c'est bête de rien faire en attendant, alors je regarde le programme, hop, chinois, allez soyons fous, salle 140, zuteuh c'est où ça encore ?! Escaliers, coin fumeur, cafet, vous connaissez la suite. L'étage 1 qui est en fait un demi-étage donc faut encore monter (non franchement, c'est bizarre leur truc). Salle minuscule, quinze personnes déjà installées. Sourire, désolée, me glisser dans un coin. "Y'en a qui ont déjà fait du chinois ?" oué forcément j'suis la seule, chouette. Ici, le discours est aussi passionnant, petit aperçu : "Les DU, c'est plutôt TD ou CM ?". Gnéé. On a un prof à la Vincent-Delerm. (Comprendre : il m'agace il m'agace il m'agace mais je peux pas m'empêcher de l'aimer...), y'a quelqu'un devant moi qui demande : "C'est possible une majeure droit avec une mineure chinois et en deuxième langue asiatique, vietnamien ?", pour s'entendre répondre : En théorie oui, en pratique, euh...
Parce que c'est ça, le problème, ici, rien n'est pratique. Tout est trop compliqué, trop fouillis, trop incompréhensible. 10h37, jette un coup d'oeil au programme, Lettres modernes, c'est dans l'amphi O. Ahah j'le connais lui, maint'nant, tout va être simple. Mais c'était sans compter le fait que j'ai une mémoire plutôt défaillante quand il s'agit d'orientation [orientation signifiant ici : direction à suivre dans l'espace pour se retrouver...] Alors on repart pour un tour (on ne s'en lasse pas en vérité...), escaliers (j'vous refais pas tout hein, vous avez l'habitude...) et enfin, amphi O. 11h15. Hop, même place qu'en début de matinée, j'observe les gens. Souvent en groupes, un sourire collé aux lèvres, j'attrape des bouts de conversation : "Trop bien", "Vivement l'an prochain", "Ahh mais c'est géé-niaal". D'un coup, je me sens de trop là. Et si j'partais sans écouter la conférence ? Si j'faisais semblant d'avoir oublié, qu'il fallait que je choisisse pour l'année prochaine, bientôt ? Hein ?
Puis finalement, j'ai pensé que c'était peut-être une mauvaise idée, alors j'ai ressorti mon cahier, mon stylo plume, et j'ai écouté sagement l'exposé de trois profs. Puis forcément, ceux qui avaient l'air plus-mieux-sympas, c'étaient ceux de lettres classiques, vous savez, ce truc où faut faire Latin et Grec, 'fin bon, le truc pas pour moi, quoi. Puis y'a la très bonne blague, où j'éclate de rire intérieurement (parce que bon, tout fort, c'était pas très poli), Latin obligatoire en Lettres modernes. Latin. En Lettres modernes. Même si on veut pas passer les concours pour être enseignant. Même si. Latin obligatoire. Ah mais LOL (attention, le dernier mot n'a aucun rapport avec les sigles tels que LLCE ou LEA, bien que leur ressemblant fortement). Bref.
12h15. A 13h, je dois être à mon lycée (c'est-à-dire à l'autre bout de la ville), en ayant mangé au moins un minimum. Je décide de prendre le métro. Ce qui est une idée tout à fait sage, puisque en vérité il n'y a pas d'autre solution. Le seul problème est qu'il faut, avant d'atteindre la station de métro, trouver la sortie de la fac. (Je vous explique le labyrinthe, ou c'est bon, maint'nant, vous voyez tout à fait ce que j'veux dire ? Bon, on va dire la seconde proposition.) A 12h37, je me retrouve enfin au métro. Ligne D. Ligne A. (Evite de te planter de sens, Mélie.) Sandwich en vitesse. Sourire de mon boulanger que ça faisait longtemps que j'étais pas allée voir. Traverser la rue n'importe comment. Entrer au lycée.
Souffler. Un endroit que je connais. Où je me sens bien. Même si je préfère le sous-sol désert à la cour de récréation. Même si souvent je fuis les voix. Même si. Les prépas me font rire. "On n'a pas le temps, alors on le prend." C'est chouette comme phrase, ça, non ? Y'a une demoiselle qui raconte : "Un jour le prof d'histoire était horrifié parce qu'on ne connaissait rien sur Pépain le Bref. Il nous a ramené une liste de cinquante bouquins sur le sujet. Cinquante bouquins, pour une khôlle. Cinquante bouquins à lire en un mois, pour un truc d'une heure. Non mais et en plus, il croyait qu'on allait l'faire ?!". Eclat de rire général. Ca ferait presque envie. De se noyer, comme ça, dans les bouquins. Les dissertes. Ca serait presque pour oublier. Pour que le temps passe plus vite. A la fin, on discute un peu, on échange des sourires.
"Est-ce que tu es stressée pour le bac ?
- Euh... ben... oui... 'fin j'veux dire, oué, quand même, un peu quoi, c'est l'bac.
- Ben écoute-moi bien. Tu sais pas encore ce que c'est, le stress."
Entre nous, c'est super rassurant, hein.
Re-métro, Lycée du Parc, y'a quatre cours, on se croirait dans une université à Cambridge, c'est trop. Trop. J'ai même pas envie d'aller voir, mais elle me force presque, me tire par le bras, me dit "allez, juste pour rire un peu", mais en fait c'est pas drôle du tout. Les profs sont. Ils veulent nous embrigader dans leur prépa, (on s'croirait là mais en pire), je. La prof de littérature utilise une figure de style à toutes les phrases et s'en vante (Ah ! Quelle belle litote !), et elle emploie le mot "excessivement" un nombre excessif de fois, le prof d'histoire parle trop doucement et. Avoir comme une envie de dormir, puis, les élèves ont beau dire que c'est bien, que y'a une bonne ambiance, non ça marche pas, moi j'y crois pas, c'est pas. Je.
Non.
En rentrant, il fait froid, j'ai l'impression que ça fait trois jours que je me suis levée. Cheveux dans les yeux et mains gelées, je me dis que peut-être, 'fin, oui pourquoi pas, après tout, si y'a pas d'autre solution, si y'a pas de miracle, d'illumination, de décision-éclair, de vocation, si finalement faut bien faire quelque chose, je pense que je demanderai une prépa dans mon lycée en premier choix (comme ça, je pourrais toujours acheter le journal...), et une fac de Lettres modernes mineure anglais DU chinois en deuxième. Je pense aux gens qu'il va falloir quitter, au latin qu'il va falloir continuer, aux lieux qu'il va falloir s'approprier, au travail qu'il va falloir fournir. Et puis soudain, je pense à ces profs, qui disaient que vendredi, on saurait.
Et je réalise que tout ce que je sais, c'est qu'au fond, je ne sais toujours pas.
Gribouillé par Mélie à 01:02. Deux possibilités s'offrent à vous :
1) Version courte, si vous avez pas envie de perdre votre temps et que vous souhaitez directement connaître le bilan de cette journée, rendez-vous à la fin du post.
2) Version longue, pour les plus masochistes et ceux qui n'ont rien d'autre à faire.
Déjà, avant même d'y mettre les pieds, j'étais super rassurée. Je veux dire, quand les profs ne le disent pas ouvertement, mais le sous-entendent tellement fort, on ne peut pas faire semblant de ne pas comprendre. En gros, c'était un truc du genre : "Vendredi, vous saurez tous ce que vous faites l'an prochain". Parce qu'aujourd'hui et demain, journées de l'enseignement supérieur, portes ouvertes et tout le blabla. Le genre de truc miraculeux, l'illumination soudaine, la décision enfin prise.
(Mais quelle blague.)
Le bus était à 8h11, j'étais à l'arrêt à 7h56 alors que je savais pertinemment que je n'avais besoin que de cinq minutes pour y aller, mais vous savez, quand "l'avenir est en jeu", ben. 'Fin bref. Le bus était à 8h11 et à 8h27, il me déposait dans un coin totalement inconnu de cette chère ville de Lyon. (Et maintenant, on fait quoi ?). Allez, suivre le troupeau, c'est la meilleure solution. Groupe d'étudiants devant moi, je commence à les filer, genre comme dans les films d'espionnage, pour pas qu'on m'remarque. Y'a un peu comme une envie de. Pleurer.
Arrivée devant un bâtiment grisâtre, je fixe le plan d'un air hagard en cherchant vainement l'amphithéâtre O. (J'sais pas si vous vous rendez compte mais 1) je trouvais même pas l'amphi sur le plan, alors dans la "vraie vie" j'vous laisse imaginer, puis 2) si l'amphi, c'est le O, ça veut dire que y'a toutes les autres lettres de l'alphabet avant... mais merde, c'est drôlement grand !). Enfin, yeees, c'est au sous-sol, suffit d'trouver le sous-sol maintenant. Je tourne un peu, monte des escaliers (pour aller au sous-sol. no comment, merci.), traverse des couloirs, croise des gens plongés dans des bouquins, me retrouve à côté d'une fontaine, puis au près des distributeurs, je traverse l'espace fumeur, passe à côté de la cafet, de la bibliothèque, du département de langues, de. Bref.
Je marche je marche je marche, et là. Blam. Point de départ. Youpi. Il est 8h54. La conférence est à 9h. Je refixe le plan, vois "accès X", trouve le IX, le XI et le XII, mais pas de X. Prends un escalier. Amphi L, amphi M, je me rapproche du but, amphi N, puis là. Un mur. Chouette. Demi-tour, re-escaliers, re-espace fumeur, re. Et puis finalement, je ne sais trop comment, je me retrouve devant la porte de l'amphi O (un cadeau du ciel, merci), à 8h59. Je me faufile dans l'amphi (mais c'est grand, ces trucs-là...), m'installe un peu au fond, un peu à droite, un peu en biais, un peu intimidée. Juste un peu.
J'ai du mal à me souvenir ce que je vais voir, là. Y'a tellement de trucs prévus dans la journée, que ça se mélange un peu. Anglais. Bon, c'est parti. Une dame qui parle avec une voix toute douce, qui berce. Avec un joli accent. J'ai du mal à me concentrer, à prendre des notes. Surtout quand le discours ressemble à ça : "Il y a une grande différence entre LLCE et LEA, il faut donc faire le bon choix, surtout qu'avec la réforme LMD ou 3-5-8, des fois, on a du mal à voir ce qu'il faut préférer". Tu m'étonnes. Puis d'un coup, ça devient un peu plus clair, j'attrape des mots au vol, sur mon cahier, ça donne un truc comme : "Un an. Irlande. Conseillé. Expérience. Facilité." et j'dessine un soleil sur le coin d'ma feuille.
A 10h, terminé, je sors, prochaine conférence à 11h30, j'me dis, c'est bête de rien faire en attendant, alors je regarde le programme, hop, chinois, allez soyons fous, salle 140, zuteuh c'est où ça encore ?! Escaliers, coin fumeur, cafet, vous connaissez la suite. L'étage 1 qui est en fait un demi-étage donc faut encore monter (non franchement, c'est bizarre leur truc). Salle minuscule, quinze personnes déjà installées. Sourire, désolée, me glisser dans un coin. "Y'en a qui ont déjà fait du chinois ?" oué forcément j'suis la seule, chouette. Ici, le discours est aussi passionnant, petit aperçu : "Les DU, c'est plutôt TD ou CM ?". Gnéé. On a un prof à la Vincent-Delerm. (Comprendre : il m'agace il m'agace il m'agace mais je peux pas m'empêcher de l'aimer...), y'a quelqu'un devant moi qui demande : "C'est possible une majeure droit avec une mineure chinois et en deuxième langue asiatique, vietnamien ?", pour s'entendre répondre : En théorie oui, en pratique, euh...
Parce que c'est ça, le problème, ici, rien n'est pratique. Tout est trop compliqué, trop fouillis, trop incompréhensible. 10h37, jette un coup d'oeil au programme, Lettres modernes, c'est dans l'amphi O. Ahah j'le connais lui, maint'nant, tout va être simple. Mais c'était sans compter le fait que j'ai une mémoire plutôt défaillante quand il s'agit d'orientation [orientation signifiant ici : direction à suivre dans l'espace pour se retrouver...] Alors on repart pour un tour (on ne s'en lasse pas en vérité...), escaliers (j'vous refais pas tout hein, vous avez l'habitude...) et enfin, amphi O. 11h15. Hop, même place qu'en début de matinée, j'observe les gens. Souvent en groupes, un sourire collé aux lèvres, j'attrape des bouts de conversation : "Trop bien", "Vivement l'an prochain", "Ahh mais c'est géé-niaal". D'un coup, je me sens de trop là. Et si j'partais sans écouter la conférence ? Si j'faisais semblant d'avoir oublié, qu'il fallait que je choisisse pour l'année prochaine, bientôt ? Hein ?
Puis finalement, j'ai pensé que c'était peut-être une mauvaise idée, alors j'ai ressorti mon cahier, mon stylo plume, et j'ai écouté sagement l'exposé de trois profs. Puis forcément, ceux qui avaient l'air plus-mieux-sympas, c'étaient ceux de lettres classiques, vous savez, ce truc où faut faire Latin et Grec, 'fin bon, le truc pas pour moi, quoi. Puis y'a la très bonne blague, où j'éclate de rire intérieurement (parce que bon, tout fort, c'était pas très poli), Latin obligatoire en Lettres modernes. Latin. En Lettres modernes. Même si on veut pas passer les concours pour être enseignant. Même si. Latin obligatoire. Ah mais LOL (attention, le dernier mot n'a aucun rapport avec les sigles tels que LLCE ou LEA, bien que leur ressemblant fortement). Bref.
12h15. A 13h, je dois être à mon lycée (c'est-à-dire à l'autre bout de la ville), en ayant mangé au moins un minimum. Je décide de prendre le métro. Ce qui est une idée tout à fait sage, puisque en vérité il n'y a pas d'autre solution. Le seul problème est qu'il faut, avant d'atteindre la station de métro, trouver la sortie de la fac. (Je vous explique le labyrinthe, ou c'est bon, maint'nant, vous voyez tout à fait ce que j'veux dire ? Bon, on va dire la seconde proposition.) A 12h37, je me retrouve enfin au métro. Ligne D. Ligne A. (Evite de te planter de sens, Mélie.) Sandwich en vitesse. Sourire de mon boulanger que ça faisait longtemps que j'étais pas allée voir. Traverser la rue n'importe comment. Entrer au lycée.
Souffler. Un endroit que je connais. Où je me sens bien. Même si je préfère le sous-sol désert à la cour de récréation. Même si souvent je fuis les voix. Même si. Les prépas me font rire. "On n'a pas le temps, alors on le prend." C'est chouette comme phrase, ça, non ? Y'a une demoiselle qui raconte : "Un jour le prof d'histoire était horrifié parce qu'on ne connaissait rien sur Pépain le Bref. Il nous a ramené une liste de cinquante bouquins sur le sujet. Cinquante bouquins, pour une khôlle. Cinquante bouquins à lire en un mois, pour un truc d'une heure. Non mais et en plus, il croyait qu'on allait l'faire ?!". Eclat de rire général. Ca ferait presque envie. De se noyer, comme ça, dans les bouquins. Les dissertes. Ca serait presque pour oublier. Pour que le temps passe plus vite. A la fin, on discute un peu, on échange des sourires.
"Est-ce que tu es stressée pour le bac ?
- Euh... ben... oui... 'fin j'veux dire, oué, quand même, un peu quoi, c'est l'bac.
- Ben écoute-moi bien. Tu sais pas encore ce que c'est, le stress."
Entre nous, c'est super rassurant, hein.
Re-métro, Lycée du Parc, y'a quatre cours, on se croirait dans une université à Cambridge, c'est trop. Trop. J'ai même pas envie d'aller voir, mais elle me force presque, me tire par le bras, me dit "allez, juste pour rire un peu", mais en fait c'est pas drôle du tout. Les profs sont. Ils veulent nous embrigader dans leur prépa, (on s'croirait là mais en pire), je. La prof de littérature utilise une figure de style à toutes les phrases et s'en vante (Ah ! Quelle belle litote !), et elle emploie le mot "excessivement" un nombre excessif de fois, le prof d'histoire parle trop doucement et. Avoir comme une envie de dormir, puis, les élèves ont beau dire que c'est bien, que y'a une bonne ambiance, non ça marche pas, moi j'y crois pas, c'est pas. Je.
Non.
En rentrant, il fait froid, j'ai l'impression que ça fait trois jours que je me suis levée. Cheveux dans les yeux et mains gelées, je me dis que peut-être, 'fin, oui pourquoi pas, après tout, si y'a pas d'autre solution, si y'a pas de miracle, d'illumination, de décision-éclair, de vocation, si finalement faut bien faire quelque chose, je pense que je demanderai une prépa dans mon lycée en premier choix (comme ça, je pourrais toujours acheter le journal...), et une fac de Lettres modernes mineure anglais DU chinois en deuxième. Je pense aux gens qu'il va falloir quitter, au latin qu'il va falloir continuer, aux lieux qu'il va falloir s'approprier, au travail qu'il va falloir fournir. Et puis soudain, je pense à ces profs, qui disaient que vendredi, on saurait.
Et je réalise que tout ce que je sais, c'est qu'au fond, je ne sais toujours pas.
mardi 25 janvier 2005
La mer ça n's'invente pas Et nous on crève à rester là
(Bon, l’histoire-euro, puis le bac blanc de philo, on va éviter d’en parler, hein.)
On était en train de déclamer des alexandrins sur la neige qui tombait quand l’église a sonné 19h30. 19h30 et on était encore devant le lycée, et on s’est dit qu’il fallait peut-être qu’on accélère le mouvement… On est parti en direction de la Fnac, avec le manteau plein de neige et les joues glacées par le froid. La Fnac était déserte, on a erré dans les rayons. J’ai attrapé un livre et il a dit « Y’a un jour où tu t’arrêteras de bouquiner ? » J’ai souri pour répondre « Pourquoi arrêter ? » et lui « Pourquoi t’as toujours réponse à tout ? ». Et j’ai rien dit, juste pour lui montrer que c’était faux, que j’avais pas toujours réponse à tout. Juste pour l’embêter, en somme. M’amuser à le contredire. On a payé, puis on s’est retrouvé au milieu de la rue piétonne et là il s’est arrêté pour dire « Je peux te faire écouter un truc ? ». Euh tout d’suite maintenant là en plein milieu de la rue ? Ouais pourquoi pas. Alors j’ai mis les écouteurs, en regardant la neige tomber, avec mon sac Fnac qui se balançait doucement à mon bras, et de l’harmonica dans les oreilles. Parce que je sais qu’il crève d’envie d’en jouer. C’était beau. J’avais les cheveux dans les yeux et au bout d’un moment, il les a soulevés pour voir la tête que je faisais. Je souriais. « Ca te plaît ? ».
Dans le métro, au retour, j’avais déjà oublié le nom de cet illustre inconnu qui jouait de l’harmonica, mais y’avait encore cette petite mélodie dans ma tête, et puis ce goût dans la bouche. Un peu comme du bonheur.
Gribouillé par Mélie à 01:04. On était en train de déclamer des alexandrins sur la neige qui tombait quand l’église a sonné 19h30. 19h30 et on était encore devant le lycée, et on s’est dit qu’il fallait peut-être qu’on accélère le mouvement… On est parti en direction de la Fnac, avec le manteau plein de neige et les joues glacées par le froid. La Fnac était déserte, on a erré dans les rayons. J’ai attrapé un livre et il a dit « Y’a un jour où tu t’arrêteras de bouquiner ? » J’ai souri pour répondre « Pourquoi arrêter ? » et lui « Pourquoi t’as toujours réponse à tout ? ». Et j’ai rien dit, juste pour lui montrer que c’était faux, que j’avais pas toujours réponse à tout. Juste pour l’embêter, en somme. M’amuser à le contredire. On a payé, puis on s’est retrouvé au milieu de la rue piétonne et là il s’est arrêté pour dire « Je peux te faire écouter un truc ? ». Euh tout d’suite maintenant là en plein milieu de la rue ? Ouais pourquoi pas. Alors j’ai mis les écouteurs, en regardant la neige tomber, avec mon sac Fnac qui se balançait doucement à mon bras, et de l’harmonica dans les oreilles. Parce que je sais qu’il crève d’envie d’en jouer. C’était beau. J’avais les cheveux dans les yeux et au bout d’un moment, il les a soulevés pour voir la tête que je faisais. Je souriais. « Ca te plaît ? ».
Dans le métro, au retour, j’avais déjà oublié le nom de cet illustre inconnu qui jouait de l’harmonica, mais y’avait encore cette petite mélodie dans ma tête, et puis ce goût dans la bouche. Un peu comme du bonheur.
dimanche 23 janvier 2005
Dis-moi, dimanche Les deux mains dans les manches Pourquoi je garde au fond du ventre une boule
Journée misérablement longue. Trop. Impression de répéter les mêmes gestes des centaines de fois. Traîné tout l'après-midi, dans un ordre qui devait ressembler à ça : musique-photos-lecture-ordinateur. Pathétique. J'ai oublié mon classeur de philo dans un coin, effaçant par la même occasion le bac blanc de demain. (Pas envie Pas envie Pas envie). J'ai murmuré du chinois dans la chambre, pour être capable de ressortir quelques phrases sur la feuille. Classé quelques trucs qui se trouvaient dans mon "bordel organisé". Retrouvé les papiers de la JAPD : A RENVOYER AVANT LE 10 JANVIER. Ahem.
Ce matin, Lyon, ville désertée, métro vide et pluie battante... Chacrin-chagrin, les bouquinistes étaient fermés, au marché de la création il n'y avait qu'un stand sur huit. Erré dans les rues, pris des photos, traversé les passerelles, marché deux heures. La jupe indienne de la boutique dans le Vieux-Lyon. Y'a que le prix, qui ne faisait pas rêver. Revenue trempée, les pieds gelés.
Cette nuit, dormi avec un ours en peluche, pour faire comme si ça rassurait. Avant y'avait eu des sourires au travers des larmes (alors Merci). Le verre de lait vers deux heures du matin, il paraît que c'est bon pour les insomnies, mais je ne suis pas convaincue. Tissu de rêves pendant quatre heures. Trop peu.
J'arrive pas à me souvenir quand est-ce que c'était que j'ai tout supprimé. Le dossier "textes". J'arrive pas. Puis de toute façon, qu'est-ce que ça change ? Hein ? Bouts d'imagination débridée pleurant au fond d'une poubelle. Reposez en paix. Amen.
Gribouillé par Mélie à 22:40. Ce matin, Lyon, ville désertée, métro vide et pluie battante... Chacrin-chagrin, les bouquinistes étaient fermés, au marché de la création il n'y avait qu'un stand sur huit. Erré dans les rues, pris des photos, traversé les passerelles, marché deux heures. La jupe indienne de la boutique dans le Vieux-Lyon. Y'a que le prix, qui ne faisait pas rêver. Revenue trempée, les pieds gelés.
Cette nuit, dormi avec un ours en peluche, pour faire comme si ça rassurait. Avant y'avait eu des sourires au travers des larmes (alors Merci). Le verre de lait vers deux heures du matin, il paraît que c'est bon pour les insomnies, mais je ne suis pas convaincue. Tissu de rêves pendant quatre heures. Trop peu.
J'arrive pas à me souvenir quand est-ce que c'était que j'ai tout supprimé. Le dossier "textes". J'arrive pas. Puis de toute façon, qu'est-ce que ça change ? Hein ? Bouts d'imagination débridée pleurant au fond d'une poubelle. Reposez en paix. Amen.
samedi 22 janvier 2005
Nous tournons les pages à l'improviste Devant l'étalage d'un bouquiniste
(Dans le genre "post incohérent")
Je crois que j'ai un peu trop lu cette semaine. Il faut que je me calme. Le Goncourt lycéen aujourd'hui. La note sensible hier. Avant-hier, le bouquin de philo. Avant, je sais plus trop. Je redécouvre l'odeur des pages neuves, la caresse des sons, les rêves éveillés. Les mots qui font frémir, puis ceux qui font pleurer. Je lis en marchant. Je lis dans le métro, dans les couloirs, pendant les récrés, partout.
J'aurais aimé que vous voyiez son sourire. Il faut dire qu'on avait tout préparé. Le mardi soir, entre le trieur et le bouquin de latin, y'avait le gâteau, les dix-huit bougies, le briquet, le cadeau emballé.
Le lendemain matin, je partais un quart d'heure plus tôt pour être sûre de ne pas la croiser dans le métro, et arrivée au lycée, je lui envoyais un message du genre "ne m'attends pas, je suis en retard". [Ou l'art de mentir pour de bonnes raisons].
Après, dans les couloirs, c'était le cache-cache géant. A 13h, dans la file de la cantine, elle me demandait "alors finalement, tu es arrivée en retard ce matin ?" et moi de répondre : "non ça va, mais j'ai courru, t'imagines même pas", alors que mon prof d'histoire qui se trouvait juste derrière moi et que j'avais en première heure de la matinée me regardait bizarrement parce que j'étais arrivée vingt minutes en avance à son cours...
Pendant le repas, je suis partie ni vue ni connue, pour mettre les bougies, pendant qu'à la table, ça donnait à peu près ça :
elle : Mais elle est où Mélie ?
lui : Euh... t'as réussi ton DS de physique ?
elle : Hein ? Mais je te demande où est Mélie...
lui : Eh sinon, ton Noël s'est bien passé ?!
Bref. N'empêche que son sourire, après, il valait tous les métros pris en avance, tous les cache-cache dans les couloirs, et tous les regards bizarres du prof d'histoire du monde.
Dans le car, au retour de la musique, j'arrivais pas à m'concentrer. Le chauffeur a eu la bonne idée de raconter tous les faits divers de Lyon et ses environs depuis le 1er janvier 2005 un peu trop fort, m'empêchant ainsi d'aligner plus de trois mots sur mon cahier rouges à spirales. Le 8 janvier, un corps retrouvé et. [Mais qu'il se taise, bon sang.] Charmant, j'vous jure.
Aujourd'hui il allait pas bien du tout du tout, et j'ai même pas réussi à trouver les mots qui auraient fait que. Puis ça me faisait de la peine de le laisser comme ça, tout seul sur la chaussée, mais le car voulait pas attendre. J'ai du lui dire cinq fois qu'il fallait vraiment que j'y aille pour qu'il réagisse et. C'est presque suppliante que je lui ai demandé un sourire. Que j'ai eu, à moitié.
Les cicatrices s'effacent, se voient plus, même. Les insomnies sont encore là, mais je les passe avec des bouquins. Le bac blanc se rapproche, mais la confiance revient, un peu. Les cris continuent mais je n'entends plus rien.
On prend des fous rire en anglais parce qu'on confond "desert" et "dessert" et en philo parce que personne n'aime Kant, mais la prof le défend comme elle peut, par "charité", comme elle dit. Lundi, au journal, il est tombé de la chaise tellement il riait, et Zoé a fait une bataille de feutres avec A. Puis en sortant, il a lancé "Les L, ils savent pas s'amuser", et on a fait une course-poursuite autour du pâté de maisons pour lui montrer que c'était pas vrai...
Le matin, c'est les cheveux en pagaille qu'on prend pas trop l'temps de coiffer, les rêves bizarres qui font sourire au réveil, et le lycée presque à mi-temps à cause de la grève et des journées de l'enseignement supérieur, la semaine prochaine.
Je sais pas qui a appuyé sur l'interrupteur, mais en tout cas, c'est sympa d'sa part. Merci.

Gribouillé par Mélie à 01:53. Je crois que j'ai un peu trop lu cette semaine. Il faut que je me calme. Le Goncourt lycéen aujourd'hui. La note sensible hier. Avant-hier, le bouquin de philo. Avant, je sais plus trop. Je redécouvre l'odeur des pages neuves, la caresse des sons, les rêves éveillés. Les mots qui font frémir, puis ceux qui font pleurer. Je lis en marchant. Je lis dans le métro, dans les couloirs, pendant les récrés, partout.
J'aurais aimé que vous voyiez son sourire. Il faut dire qu'on avait tout préparé. Le mardi soir, entre le trieur et le bouquin de latin, y'avait le gâteau, les dix-huit bougies, le briquet, le cadeau emballé.
Le lendemain matin, je partais un quart d'heure plus tôt pour être sûre de ne pas la croiser dans le métro, et arrivée au lycée, je lui envoyais un message du genre "ne m'attends pas, je suis en retard". [Ou l'art de mentir pour de bonnes raisons].
Après, dans les couloirs, c'était le cache-cache géant. A 13h, dans la file de la cantine, elle me demandait "alors finalement, tu es arrivée en retard ce matin ?" et moi de répondre : "non ça va, mais j'ai courru, t'imagines même pas", alors que mon prof d'histoire qui se trouvait juste derrière moi et que j'avais en première heure de la matinée me regardait bizarrement parce que j'étais arrivée vingt minutes en avance à son cours...
Pendant le repas, je suis partie ni vue ni connue, pour mettre les bougies, pendant qu'à la table, ça donnait à peu près ça :
elle : Mais elle est où Mélie ?
lui : Euh... t'as réussi ton DS de physique ?
elle : Hein ? Mais je te demande où est Mélie...
lui : Eh sinon, ton Noël s'est bien passé ?!
Bref. N'empêche que son sourire, après, il valait tous les métros pris en avance, tous les cache-cache dans les couloirs, et tous les regards bizarres du prof d'histoire du monde.
Dans le car, au retour de la musique, j'arrivais pas à m'concentrer. Le chauffeur a eu la bonne idée de raconter tous les faits divers de Lyon et ses environs depuis le 1er janvier 2005 un peu trop fort, m'empêchant ainsi d'aligner plus de trois mots sur mon cahier rouges à spirales. Le 8 janvier, un corps retrouvé et. [Mais qu'il se taise, bon sang.] Charmant, j'vous jure.
Aujourd'hui il allait pas bien du tout du tout, et j'ai même pas réussi à trouver les mots qui auraient fait que. Puis ça me faisait de la peine de le laisser comme ça, tout seul sur la chaussée, mais le car voulait pas attendre. J'ai du lui dire cinq fois qu'il fallait vraiment que j'y aille pour qu'il réagisse et. C'est presque suppliante que je lui ai demandé un sourire. Que j'ai eu, à moitié.
Les cicatrices s'effacent, se voient plus, même. Les insomnies sont encore là, mais je les passe avec des bouquins. Le bac blanc se rapproche, mais la confiance revient, un peu. Les cris continuent mais je n'entends plus rien.
On prend des fous rire en anglais parce qu'on confond "desert" et "dessert" et en philo parce que personne n'aime Kant, mais la prof le défend comme elle peut, par "charité", comme elle dit. Lundi, au journal, il est tombé de la chaise tellement il riait, et Zoé a fait une bataille de feutres avec A. Puis en sortant, il a lancé "Les L, ils savent pas s'amuser", et on a fait une course-poursuite autour du pâté de maisons pour lui montrer que c'était pas vrai...
Le matin, c'est les cheveux en pagaille qu'on prend pas trop l'temps de coiffer, les rêves bizarres qui font sourire au réveil, et le lycée presque à mi-temps à cause de la grève et des journées de l'enseignement supérieur, la semaine prochaine.
Je sais pas qui a appuyé sur l'interrupteur, mais en tout cas, c'est sympa d'sa part. Merci.

samedi 15 janvier 2005
Je n’ai plus rien à voir, je n’ai plus rien à croire Là où je suis y'a des montagnes, des prairies, des vallées
En fait, j'ai du mal à poster. Je me censure. Vous savez, je commence une phrase, puis je m'arrête. Ca donne un truc du genre :
Peut-être que. Il avait. Mais je. J'avais pas. Pourquoi elle. C'est. Idiote. Arrête avec le. Les. Suffit comme ça.
Ridicule.
Je crois que c'était jeudi soir, quand j'ai fait tomber la boîte qui était en haut de la bibliothèque. J'avais une pile de bouquins dans les mains, et j'étais pas très stable sur mes jambes, et la boîte est tombée. Toutes les lettres qui se sont répandues sur le sol. Alors après forcément. Au lieu de fermer les yeux, de les remettre dans la boîte, de remettre la boîte dans la bibliothèque, d'oublier très vite, ben non. Je me suis assise en tailleur au pied du lit, et j'ai commencé à toutes les lire. Comme pour voir si les écritures avaient changé. Comme pour voir ce que ça f'sait, de relire ces foutues lettres, un an après. Ben ça fait pleurer.
Cette semaine, j'ai un peu trop regardé le ciel bleu au travers des vitres. J'y peux rien, y'a toujours cette envie d'm'envoler, d'courir au loin, d'aller faire les bouquinistes sur les quais. Cette envie de soleil glacé, de musique au creux de la nuit, de textes à la lueur de l'aube. Cette envie d'arrêter les cours, les pensées rigides, les caractères chinois, les déclinaisons impossibles. Cette envie de dévorer des tonnes de bouquins, de prendre le train, de faire de la confiture, d'écouter ma soeur chanter, de prendre des photos. Cette envie de tout braver. De me dire que j'aurai pas seize ans pour la vie. D'effleurer mes rêves, de goûter à la vie. Cette envie de faire n'importe quoi, encore, toujours. Mais non. Non, faut pas.
(Terminer la mise en pages du journal. Réviser le bac blanc. Lire les bouquins de philo. Ne pas oublier d'aller aux journées de l'enseignement supérieur. S'occuper de son avenir. Planifier sa vie. Ne pas laisser de place à la surprise. Rejeter l'improvisation. S'énerver. Crier pour se faire entendre. Lire le mépris dans ses yeux. Pleurer. Renier les envies. Foncer droit dans l'mur.)
Cette semaine, j'ai essayé d'imaginer sa voix. Ou plutôt de m'en souvenir. Mais je sais pas comment la décrire. Chaude, douce, sucrée. Un peu grave, aussi. La meilleure façon de le savoir, aurait sans doute été de l'appeler. Mais bon. J'ai pas osé.
J'aurais voulu parler d'elle, aussi, mais là. Y'a pas les mots qu'il faut.
Gribouillé par Mélie à 02:48. Peut-être que. Il avait. Mais je. J'avais pas. Pourquoi elle. C'est. Idiote. Arrête avec le. Les. Suffit comme ça.
Ridicule.
Je crois que c'était jeudi soir, quand j'ai fait tomber la boîte qui était en haut de la bibliothèque. J'avais une pile de bouquins dans les mains, et j'étais pas très stable sur mes jambes, et la boîte est tombée. Toutes les lettres qui se sont répandues sur le sol. Alors après forcément. Au lieu de fermer les yeux, de les remettre dans la boîte, de remettre la boîte dans la bibliothèque, d'oublier très vite, ben non. Je me suis assise en tailleur au pied du lit, et j'ai commencé à toutes les lire. Comme pour voir si les écritures avaient changé. Comme pour voir ce que ça f'sait, de relire ces foutues lettres, un an après. Ben ça fait pleurer.
Cette semaine, j'ai un peu trop regardé le ciel bleu au travers des vitres. J'y peux rien, y'a toujours cette envie d'm'envoler, d'courir au loin, d'aller faire les bouquinistes sur les quais. Cette envie de soleil glacé, de musique au creux de la nuit, de textes à la lueur de l'aube. Cette envie d'arrêter les cours, les pensées rigides, les caractères chinois, les déclinaisons impossibles. Cette envie de dévorer des tonnes de bouquins, de prendre le train, de faire de la confiture, d'écouter ma soeur chanter, de prendre des photos. Cette envie de tout braver. De me dire que j'aurai pas seize ans pour la vie. D'effleurer mes rêves, de goûter à la vie. Cette envie de faire n'importe quoi, encore, toujours. Mais non. Non, faut pas.
(Terminer la mise en pages du journal. Réviser le bac blanc. Lire les bouquins de philo. Ne pas oublier d'aller aux journées de l'enseignement supérieur. S'occuper de son avenir. Planifier sa vie. Ne pas laisser de place à la surprise. Rejeter l'improvisation. S'énerver. Crier pour se faire entendre. Lire le mépris dans ses yeux. Pleurer. Renier les envies. Foncer droit dans l'mur.)
Cette semaine, j'ai essayé d'imaginer sa voix. Ou plutôt de m'en souvenir. Mais je sais pas comment la décrire. Chaude, douce, sucrée. Un peu grave, aussi. La meilleure façon de le savoir, aurait sans doute été de l'appeler. Mais bon. J'ai pas osé.
J'aurais voulu parler d'elle, aussi, mais là. Y'a pas les mots qu'il faut.
mardi 11 janvier 2005
Fatigué de parler Fatigué de me taire
(Si tu trouves ça drôle, vas-y, continue. Ca ne me touche pas. Plus. Non, vraiment. Laisse des commentaires, même, comme tu sais si bien le faire. Ecris, écris tant que tu veux. Puisque j'avais dit qu'il ne fallait pas qu'ils le lisent, et que tu l'as fait, je suis impuissante. Impuissante et insensible.)
La lame de cutter qui tourne entre les doigts. (Une bonne résolution, c'est fait pour ne pas être tenue.) Alors bon. Il a dit "Se couper, c'est un phénomène de mode". Il a dit "Pas arriver à manger correctement, aussi." C'était même pas dit méchamment, mais.
Un air de piano, un peu mélancolique, juste un peu. Une envie d'partir. Une envie d'Irlande. Un ciel bleu à perte de vue. C'est pas normal, pour un mois de janvier. Presque dérangeant. Presque irréel.
Je crois que j'ai cassé un verre hier. Je ne me souviens même pas avoir ramassé les morceaux. Je ne m'en souviens même pas. Même quand je ferme les yeux très fort. Quand Papa, ce soir, m'a demandé "tu as fait ça quand ?", j'ai été incapable de lui répondre. Incapable de lui dire si c'était ce matin, ou cette nuit, à 2h, à 3h30 ou à 4h45. Si c'était quand je me suis levée pour la première, la deuxième ou la troisième fois. Si c'était la fois où je suis allée sur le balcon et où j'ai claqué des dents pendant vingt minutes. Ou la fois où j'ai juste effleuré les touches de l'orgue. Ou. Je sais pas. Vraiment pas. J'ai l'impression que les jours s'effacent au fur et à mesure. Je crois qu'il a cru que je me foutais un peu de lui, mais en vérité non.
Promis.
Gribouillé par Mélie à 11:08. La lame de cutter qui tourne entre les doigts. (Une bonne résolution, c'est fait pour ne pas être tenue.) Alors bon. Il a dit "Se couper, c'est un phénomène de mode". Il a dit "Pas arriver à manger correctement, aussi." C'était même pas dit méchamment, mais.
Un air de piano, un peu mélancolique, juste un peu. Une envie d'partir. Une envie d'Irlande. Un ciel bleu à perte de vue. C'est pas normal, pour un mois de janvier. Presque dérangeant. Presque irréel.
Je crois que j'ai cassé un verre hier. Je ne me souviens même pas avoir ramassé les morceaux. Je ne m'en souviens même pas. Même quand je ferme les yeux très fort. Quand Papa, ce soir, m'a demandé "tu as fait ça quand ?", j'ai été incapable de lui répondre. Incapable de lui dire si c'était ce matin, ou cette nuit, à 2h, à 3h30 ou à 4h45. Si c'était quand je me suis levée pour la première, la deuxième ou la troisième fois. Si c'était la fois où je suis allée sur le balcon et où j'ai claqué des dents pendant vingt minutes. Ou la fois où j'ai juste effleuré les touches de l'orgue. Ou. Je sais pas. Vraiment pas. J'ai l'impression que les jours s'effacent au fur et à mesure. Je crois qu'il a cru que je me foutais un peu de lui, mais en vérité non.
Promis.
dimanche 9 janvier 2005
Si le bonheur est chronophage Les nuits sans rêves sont trop longues
Je crois que j'ai peur.
Hier soir, j'ai fait comme une crise d'angoisse. Le genre de trucs que j'avais presque oublié que ça existait. Avec les mains qui tremblaient sans que je puisse les arrêter, les larmes qui coulaient sans que je puisse les retenir, et les fenêtres MSN qui clignotaient en bleu au bas de l'écran. Mais sur MSN, ils n'ont pas fait attention. J'étais sans doute occupée et j'avais oublié de mettre le statut correspondant. Oui, c'était presque ça.
Je crois que j'ai peur, de ce qu'on appelle le futur. L'Avenir. Le truc, là, qui arrive dans pas trop trop longtemps, juste six mois. L'après. Février Mars Avril Mai Juin. Et ensuite ?
Peur.
Des choix qu'on va devoir faire. D'entrer dans la vie des "grands". De devoir prendre des responsabilités. De perdre les gens auxquels on tient tant. De plus arriver à m'émerveiller pour un bout de ciel bleu. De devenir trop sérieuse, trop adulte.
Aujourd'hui, ma Lueur a dix-huit ans. Tous les gens autour de moi ont dix-huit ans, ou presque. Moi j'attends, petite dernière, qu'on me tire un peu vers le haut, mais finalement, avoir dix-huit ans, j'en ai aucune envie. Et puis de toute façon, c'est dans presque un an et demi.
L'an prochain, elle va partir en Angleterre. Et tous les autres. Même si c'est pas de l'autre côté de la mer, juste une ville un peu loin, ce sera la même chose. On va oublier.
Je me souviens d'une lettre où était écrit : "Dans quinze ans, on se croisera dans un aéroport, moi, je serai prof de portugais à Sarajevo, et toi, détentrice d'un pub irlandais à Moscou."
On se dira bonjour, on se serrera peut-être dans les bras, une étreinte rapide, presque froide, on sourira, on se serrera encore, on échangera quelques mots, et puis on ne saura plus quoi dire.
Non Non Non Non Non
Dans quinze ans, je serai étouffée de regrets, remords d'une jeunesse déja terminée, je m'en voudrais de n'avoir pas eu l'temps, pour un café même juste au coin de la rue, pour avoir dit tous ces mots auxquels ils n'ont pas cru.
Quand j'avais dit : "Mais l'an prochain, on oubliera, on s'oubliera", j'aurais préféré crever que le dire en le pensant vraiment, j'aurais aimé qu'ils me disent "non non surtout pas, on se verra encore", plutôt que
Oui, tu as raison. On s'oubliera.
Peur.
Celle qui dure. Comme une boule continuellement nouée dans la gorge. Et si je ne savais pas ce que je voulais faire l'an prochain ? Si j'avais besoin de temps pour choisir ? Si la prépa j'en crève d'envie, mais que je sais que là-bas, je me mépriserai encore plus que je ne le fais maintenant ? Si j'avais aucune envie d'aller à la Fac pour avoir deux matières sans rien autour ? Et si Et si Et si ?
Et si le Futur, j'en voulais pas ?
Et puis "futur", c'est moche comme mot. Ca fait science-fiction, froid, des syllabes dures. Futur.
Tais-toi.
Gribouillé par Mélie à 11:36. Hier soir, j'ai fait comme une crise d'angoisse. Le genre de trucs que j'avais presque oublié que ça existait. Avec les mains qui tremblaient sans que je puisse les arrêter, les larmes qui coulaient sans que je puisse les retenir, et les fenêtres MSN qui clignotaient en bleu au bas de l'écran. Mais sur MSN, ils n'ont pas fait attention. J'étais sans doute occupée et j'avais oublié de mettre le statut correspondant. Oui, c'était presque ça.
Je crois que j'ai peur, de ce qu'on appelle le futur. L'Avenir. Le truc, là, qui arrive dans pas trop trop longtemps, juste six mois. L'après. Février Mars Avril Mai Juin. Et ensuite ?
Peur.
Des choix qu'on va devoir faire. D'entrer dans la vie des "grands". De devoir prendre des responsabilités. De perdre les gens auxquels on tient tant. De plus arriver à m'émerveiller pour un bout de ciel bleu. De devenir trop sérieuse, trop adulte.
Aujourd'hui, ma Lueur a dix-huit ans. Tous les gens autour de moi ont dix-huit ans, ou presque. Moi j'attends, petite dernière, qu'on me tire un peu vers le haut, mais finalement, avoir dix-huit ans, j'en ai aucune envie. Et puis de toute façon, c'est dans presque un an et demi.
L'an prochain, elle va partir en Angleterre. Et tous les autres. Même si c'est pas de l'autre côté de la mer, juste une ville un peu loin, ce sera la même chose. On va oublier.
Je me souviens d'une lettre où était écrit : "Dans quinze ans, on se croisera dans un aéroport, moi, je serai prof de portugais à Sarajevo, et toi, détentrice d'un pub irlandais à Moscou."
On se dira bonjour, on se serrera peut-être dans les bras, une étreinte rapide, presque froide, on sourira, on se serrera encore, on échangera quelques mots, et puis on ne saura plus quoi dire.
Non Non Non Non Non
Dans quinze ans, je serai étouffée de regrets, remords d'une jeunesse déja terminée, je m'en voudrais de n'avoir pas eu l'temps, pour un café même juste au coin de la rue, pour avoir dit tous ces mots auxquels ils n'ont pas cru.
Quand j'avais dit : "Mais l'an prochain, on oubliera, on s'oubliera", j'aurais préféré crever que le dire en le pensant vraiment, j'aurais aimé qu'ils me disent "non non surtout pas, on se verra encore", plutôt que
Oui, tu as raison. On s'oubliera.
Peur.
Celle qui dure. Comme une boule continuellement nouée dans la gorge. Et si je ne savais pas ce que je voulais faire l'an prochain ? Si j'avais besoin de temps pour choisir ? Si la prépa j'en crève d'envie, mais que je sais que là-bas, je me mépriserai encore plus que je ne le fais maintenant ? Si j'avais aucune envie d'aller à la Fac pour avoir deux matières sans rien autour ? Et si Et si Et si ?
Et si le Futur, j'en voulais pas ?
Et puis "futur", c'est moche comme mot. Ca fait science-fiction, froid, des syllabes dures. Futur.
Tais-toi.
samedi 8 janvier 2005
Les grippes et les rentrées Les mois de novembre et les lundis Les découverts et les trains ratés
(Faudrez, des fois, que je pense à enlever de mon sac mes affaires de cours du jeudi, le vendredi matin. Ca m'éviterez d'avoir mal au dos après. Oui, il fallait y penser.)
Aujourd'hui, j'ai été la reine. De l'idiotie. Et du silence aussi. Genre je me prends pour Marie Nimier, là. Faut que j'me calme.
Je disais donc, la reine de l'idiotie, sur le béton grenadine de la cour du lycée. On criait, et c'était pour de faux. C'était juste pour-de-rire, comme dans les jeux des gamins "j'te cause plus", c'était presque ça, presque pour s'amuser, qu'on criait "qui c'est qui a coupé les fils ?", et puis. Y'a tout qui s'accélère.
Ce soir, le "parle-moi, toi", le "tu penses à quoi ?", le "t'as perdu ta langue ?", le "youhouuu, Mélie, t'es où ?"
Toute la semaine, y'a eu des choses comme :
"Pourquoi t'es devenue muette ? Hein ?"
"Toi, tu sais pas ce que ça veut dire, "souffrir", tu t'es jamais coupée..."
"Mais vas-y, dis-moi, dis-moi bordel, ce qu'il y a."
(Mais vous allez me foutre la paix, oui ?!)
L'écriture automatique de tout à l'heure. J'ose même pas la lire. Mais assume, mélie, assume ce que tu fais, ce que tu écris.
(On t'a déjà dit que tu étais folle ? Oui. Des centaines de fois sans doute. Et alors quoi ? A ton avis, pourquoi il a dit que j'étais devenue muette ? Pourquoi j'arrive plus à parler ? Il y a une illusion. Ce qui est réel n'existe plus. J'ai tout caché. Ca n'existe plus. Surtout n'ouvrez pas les placards. Surtout... pourquoi j'ai peur du noir ? (...) Quand tu m'as serré les poignets et secouée pour que je parle, tu croyais vraiment que j'allais le faire ? Je t'avais dit, pourtant, de pas ouvrir les placards. Est-ce que quelqu'un m'entend ?)
Je suis pas muette, je suis juste. Moins bavarde qu'avant. Vous comprenez ça ? Non non non, vous voulez pas. Comment on leur dit que y'a rien, que tout va bien, qu'il faudrait juste qu'ils se taisent, qu'ils arrêtent de toujours vouloir tout savoir.
Mais savoir quoi ?
Même moi je sais pas.
Et puis chut à la fin.
Gribouillé par Mélie à 02:58. Aujourd'hui, j'ai été la reine. De l'idiotie. Et du silence aussi. Genre je me prends pour Marie Nimier, là. Faut que j'me calme.
Je disais donc, la reine de l'idiotie, sur le béton grenadine de la cour du lycée. On criait, et c'était pour de faux. C'était juste pour-de-rire, comme dans les jeux des gamins "j'te cause plus", c'était presque ça, presque pour s'amuser, qu'on criait "qui c'est qui a coupé les fils ?", et puis. Y'a tout qui s'accélère.
Ce soir, le "parle-moi, toi", le "tu penses à quoi ?", le "t'as perdu ta langue ?", le "youhouuu, Mélie, t'es où ?"
Toute la semaine, y'a eu des choses comme :
"Pourquoi t'es devenue muette ? Hein ?"
"Toi, tu sais pas ce que ça veut dire, "souffrir", tu t'es jamais coupée..."
"Mais vas-y, dis-moi, dis-moi bordel, ce qu'il y a."
(Mais vous allez me foutre la paix, oui ?!)
L'écriture automatique de tout à l'heure. J'ose même pas la lire. Mais assume, mélie, assume ce que tu fais, ce que tu écris.
(On t'a déjà dit que tu étais folle ? Oui. Des centaines de fois sans doute. Et alors quoi ? A ton avis, pourquoi il a dit que j'étais devenue muette ? Pourquoi j'arrive plus à parler ? Il y a une illusion. Ce qui est réel n'existe plus. J'ai tout caché. Ca n'existe plus. Surtout n'ouvrez pas les placards. Surtout... pourquoi j'ai peur du noir ? (...) Quand tu m'as serré les poignets et secouée pour que je parle, tu croyais vraiment que j'allais le faire ? Je t'avais dit, pourtant, de pas ouvrir les placards. Est-ce que quelqu'un m'entend ?)
Je suis pas muette, je suis juste. Moins bavarde qu'avant. Vous comprenez ça ? Non non non, vous voulez pas. Comment on leur dit que y'a rien, que tout va bien, qu'il faudrait juste qu'ils se taisent, qu'ils arrêtent de toujours vouloir tout savoir.
Mais savoir quoi ?
Même moi je sais pas.
Et puis chut à la fin.
dimanche 2 janvier 2005
Sommeil par intermittence, nuit courte, ciel gris.
Aldebert, Keren Ann, pour tenir compagnie.
Le désir, autrui, les sources du moi, le psychique et le corporel, la religion dans les limites de la simple raison.
Révisions.
Rédaction d'allemand, manque de vocabulaire, dictionnaire.
Recommencer à sauter les r'pas, j'ai toujours su tenir mes bonnes résolutions.
Voisins qui font des travaux au-dessus (un dimanche à 10h, vous trouvez ça normal, vous ?), deux pulls, réaliser que j'étais vraiment déchaînée hier soir.
Tout à l'heure, direction grand-mère, mais avec mademoiselle-la-copine-de-mon-père pour la première fois, ça fait famille recomposée-tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-heureux, c'est génial, j'vous jure.
Demain demain demain. Faut pas y penser, faut vraiment pas. Pas envie pas envie pas envie. Mais c'pas grave, ça va passer.
"Aujourd'hui, c'est la fête des rois... Nous, on est reines de quoi ?"
(de retour vendredi...)
Gribouillé par Mélie à 12:25. Aldebert, Keren Ann, pour tenir compagnie.
Le désir, autrui, les sources du moi, le psychique et le corporel, la religion dans les limites de la simple raison.
Révisions.
Rédaction d'allemand, manque de vocabulaire, dictionnaire.
Recommencer à sauter les r'pas, j'ai toujours su tenir mes bonnes résolutions.
Voisins qui font des travaux au-dessus (un dimanche à 10h, vous trouvez ça normal, vous ?), deux pulls, réaliser que j'étais vraiment déchaînée hier soir.
Tout à l'heure, direction grand-mère, mais avec mademoiselle-la-copine-de-mon-père pour la première fois, ça fait famille recomposée-tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-heureux, c'est génial, j'vous jure.
Demain demain demain. Faut pas y penser, faut vraiment pas. Pas envie pas envie pas envie. Mais c'pas grave, ça va passer.
"Aujourd'hui, c'est la fête des rois... Nous, on est reines de quoi ?"
(de retour vendredi...)
Et puis on est descendus chez Satan Et là-bas c'etait épatant !
(Cette nuit, c'était les résolutions qui ne tiennent même pas vingt minutes, pleurer sous la pluie "pour rien", puis ce réveillon, c'était drôlement moche, avec les autres qui criaient 10... 9... 8... 7... moi j'suis partie en courant, dehors, un peu n'importe où. La techno et le rap, les gens du lycée que je déteste et le trop-plein de bruits, de faux rires, et de danses forcées, j'ai pleuré pour rien, mais des fois vous savez on pleure pour rien parce qu'on a trop bu, mais là, non, même pas, c'était même pas à cause de l'alcool et des bulles dans la tête, c'était même pas à cause de quelque chose, c'était juste pour rien. Pour rien comme quand on pleure en riant, sauf que là j'riais pas, pour rien comme quand on nous demande "qu'est-ce qu'il y a ?" et qu'on sait pas répondre, pour rien juste parc'que. Cette nuit, j'ai bien commencé l'année 2005.)
Mais bon.
Je me suis rattrapée après.
Quand je suis rentrée, vers dix heures, après avoir fait la plus longue nuit de toutes mes vacances (ça, c'est pour insister sur le fait que c'était vraiment nul, comme réveillon...), j'ai révisé mes cours de philo, j'ai fait du café très fort, que j'ai même pas pu avaler, j'ai piqué un pull dans l'armoire de mon père, il était beaucoup trop grand, il me tombait jusqu'aux cuisses et fallait que je retourne quatre fois les manches, je l'ai gardé toute la journée, parc'qu'il faisait froid, à 14h, on s'est mises à faire des crêpes avec ma soeur, on a mangé un peu n'importe quoi, j'ai envoyé des messages de bonne année qui sont arrivés onze heures plus tard (la personne concernée se reconnaîtra, ahem), je me suis demandée ce qu'il lui prenait pour qu'il me serre fort comme il l'a fait, j'ai révisé mes cours de philo, j'ai répondu à un coup de fil qui devait durer cinq minutes et les cinq minutes se sont transformées en heure, j'ai écrit une lettre et je l'ai déchirée en mille morceaux (oué, c'est ce qu'on appelle "perdre son temps"), j'ai pris une douche à l'eau froide, (toujours pas appris à m'servir d'un sèche-cheveux par contre), j'ai révisé mes cours de philo, j'ai eu des conversations catastrophiques sur MSN ('fin, à vous d'en juger...)
Ae : comment tu fais pour avoir de l'inspi comme ça ?
Mélie : de l'inspi comme quoi ?
Ae : (pourquoi tu me demandes de finir ta nouvelle ? euh...)
Mélie : tu parles de quoi Ae ?
Ae : lol
Mélie : quoi ?
Ae : quoi ?
Mélie : de quoi on parle là ?
Ae : de l'inspiration
Ae : de quoi ?
Mélie : -_-
Ae : o_o
Ae : c'est quoi le truc ?! j'ai pa pigé...
Mélie : hein ? maiiis c'est toi qui as commencé...
Mélie : je sais même pas de quoi tu me parles
Ae : bah de c'que tu m'as demandé
Mélie : hein ? gné >.<
Ae : dis donc, toi, lundi j'ose pas imaginer ton état (pas pire que le mien je crois)
J'ai rencontré psychopathe dangereux que je vous déconseille vivement d'approcher (c'est pour votre bien), j'ai oublié d'prendre des photos du ciel (parc'que j'ai pas encore le réflexe "Mélie, tu AS un appareil photo", du coup je réagis pas quand je vois quelque chose de beau ^^), j'ai envoyé un mail en alexandrins (sii j'vous jure), j'ai joué Vangelis à l'orgue à 1h du matin, j'ai révisé mes cours de philo, j'ai chanté sur Aldebert, j'ai failli mourir de rire, rire à en pleurer, pleurer de rire, rire en pleurant, pleurer en riant, je sais plus trop, faut l'lui d'mander. (Pfff et il ne mériterait même pas d'être cité sur le blog...), j'ai révisé mes cours de philo.
Quand je suis arrivée en seconde, ma prof d'histoire nous avait dit : votre bac vous l'aurez en 2005, c'est pas un bel objectif : BAC 2005 ? Nous, on avait ri d'un rire un peu forcé, parce que le jour de la rentrée, c'était moyen quand même. Mais maintenant que j'y repense, oui, je trouve que ça sonne bien, alors on va juste se dire que 2005, ça va être une belle année, avec plein d'objectifs.
Parce que de toute façon, ça pourra pas être pire que comme ça a commencé. Hein ?
2005 sourires pour vous tous...
4h pour écrire ce post, et tout ça à cause de lui. Tsss...
Gribouillé par Mélie à 02:23. Mais bon.
Je me suis rattrapée après.
Quand je suis rentrée, vers dix heures, après avoir fait la plus longue nuit de toutes mes vacances (ça, c'est pour insister sur le fait que c'était vraiment nul, comme réveillon...), j'ai révisé mes cours de philo, j'ai fait du café très fort, que j'ai même pas pu avaler, j'ai piqué un pull dans l'armoire de mon père, il était beaucoup trop grand, il me tombait jusqu'aux cuisses et fallait que je retourne quatre fois les manches, je l'ai gardé toute la journée, parc'qu'il faisait froid, à 14h, on s'est mises à faire des crêpes avec ma soeur, on a mangé un peu n'importe quoi, j'ai envoyé des messages de bonne année qui sont arrivés onze heures plus tard (la personne concernée se reconnaîtra, ahem), je me suis demandée ce qu'il lui prenait pour qu'il me serre fort comme il l'a fait, j'ai révisé mes cours de philo, j'ai répondu à un coup de fil qui devait durer cinq minutes et les cinq minutes se sont transformées en heure, j'ai écrit une lettre et je l'ai déchirée en mille morceaux (oué, c'est ce qu'on appelle "perdre son temps"), j'ai pris une douche à l'eau froide, (toujours pas appris à m'servir d'un sèche-cheveux par contre), j'ai révisé mes cours de philo, j'ai eu des conversations catastrophiques sur MSN ('fin, à vous d'en juger...)
Ae : comment tu fais pour avoir de l'inspi comme ça ?
Mélie : de l'inspi comme quoi ?
Ae : (pourquoi tu me demandes de finir ta nouvelle ? euh...)
Mélie : tu parles de quoi Ae ?
Ae : lol
Mélie : quoi ?
Ae : quoi ?
Mélie : de quoi on parle là ?
Ae : de l'inspiration
Ae : de quoi ?
Mélie : -_-
Ae : o_o
Ae : c'est quoi le truc ?! j'ai pa pigé...
Mélie : hein ? maiiis c'est toi qui as commencé...
Mélie : je sais même pas de quoi tu me parles
Ae : bah de c'que tu m'as demandé
Mélie : hein ? gné >.<
Ae : dis donc, toi, lundi j'ose pas imaginer ton état (pas pire que le mien je crois)
J'ai rencontré psychopathe dangereux que je vous déconseille vivement d'approcher (c'est pour votre bien), j'ai oublié d'prendre des photos du ciel (parc'que j'ai pas encore le réflexe "Mélie, tu AS un appareil photo", du coup je réagis pas quand je vois quelque chose de beau ^^), j'ai envoyé un mail en alexandrins (sii j'vous jure), j'ai joué Vangelis à l'orgue à 1h du matin, j'ai révisé mes cours de philo, j'ai chanté sur Aldebert, j'ai failli mourir de rire, rire à en pleurer, pleurer de rire, rire en pleurant, pleurer en riant, je sais plus trop, faut l'lui d'mander. (Pfff et il ne mériterait même pas d'être cité sur le blog...), j'ai révisé mes cours de philo.
Quand je suis arrivée en seconde, ma prof d'histoire nous avait dit : votre bac vous l'aurez en 2005, c'est pas un bel objectif : BAC 2005 ? Nous, on avait ri d'un rire un peu forcé, parce que le jour de la rentrée, c'était moyen quand même. Mais maintenant que j'y repense, oui, je trouve que ça sonne bien, alors on va juste se dire que 2005, ça va être une belle année, avec plein d'objectifs.
Parce que de toute façon, ça pourra pas être pire que comme ça a commencé. Hein ?
2005 sourires pour vous tous...
4h pour écrire ce post, et tout ça à cause de lui. Tsss...

